UNE PLANIFICATION ORGANIQUE POUR LE SALUT DE MADAGASCAR ET DES MALGACHES

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« Vision maritime  » – JPRA –


UNE PLANIFICATION ORGANIQUE POUR LE SALUT DE MADAGASCAR ET DES MALGACHES

A Madagascar, les portes tardent toujours à incessamment et largement s’ouvrir au progrès.

En condition de base, il s’agit pour les Malgaches de ne pas s’exposer à tous les vents ni aux chimères, et parmi ces dernières c’est un véritable danger qui guette, en particulier par le truchement d’une jeunesse trop crédule et de certaines couches populaires bien trop naïvement ouvertes à certaines promesses directement produites par un certain marketing politique ou par certaines recettes à court terme.

A vrai dire, aucune nation au monde n’est actuellement épargnée par les incertitudes qui sont la marque inquiétante des réalités internationales, lesquelles peuvent, à la croisée des chemins, se muer en réels dangers si les bonnes options ne sont pas prises et mises en œuvre.

Et, à ce sujet, l’actuelle pandémie de la Covid-19, qui s’accompagne de terribles effondrements dans le monde des affaires, des séismes structurels et des remises en cause de certitudes trop ancrées, ne fait qu’aggraver une situation déjà fragilisée.

Mais dans le cas désespéré de la Grande Ile, sont tout particulièrement en ligne de mire la survie de tout un peuple meurtri par tant d’atteintes actuelles à ses droits les plus élémentaires, et celle de toute une nation si saccagée par tant de misères que ses assises flageolent dangereusement.

C’est donc dans la voie du salut qu’à Madagascar tout doit tendre afin d’engager tout un peuple pour son propre relèvement.

C’est dire que d’emblée aucun flottement n’est permis, tant depuis trop longtemps les constats de tergiversation, les erreurs d’aiguillage et, par conséquent, l’absence de perspectives sont aussi criants qu’alarmants.

C’est sans délai que la bonne direction doit être imprimée.

Quelle est-elle ?

Le pourquoi et le comment d’une planification intégrée et organique

Le redressement de Madagascar ne doit pas s’envisager en termes de politique conjoncturelle ni de recettes ponctuelles et technocratiques, ni même de leviers sectoriels, mais sur le plan éminemment structurel, celui de la mise en œuvre des idéaux et, surtout, avec une conception qui consiste à admettre qu’un pays est tout d’abord un organisme vivant avec ses différentes composantes matérielles, humaines, naturelles et environnementales dont il convient absolument de conjuguer les caractères afin de les engager dans une voie commune : le développement.

Qu’on le veuille ou non, les choix d’action s’agissant d’un pays aussi vaste que potentiellement riche comme Madagascar, doivent donc obligatoirement s’inscrire dans la durée, sur le long terme et en profondeur, et surtout en prenant soin de l’adhésion populaire.

Car, à travers SA planification, toute une nation s’engage dans un acte de foi collectif. Et non comme s’il s’agissait d’élaborer et de suivre cahin-caha un vaste business plan comportant autant de savants chiffrages et ratios aussi incompréhensibles, irréalistes et complexes qui ne font la joie que de pseudo experts, technocrates et autres spécialistes…

C’est-à-dire que ces actions doivent se concevoir et s’opérer sur la base d’une planification intégrée et organique, elle-même fondée sur une vision de développement durable, inclusif et participatif. Ce qui n’est malheureusement pas le cas du « plan de développement » actuel.

Le tout doit être guidé par une idéologie directrice qui se conçoit non pas comme un  carcan comme le fut le socialisme monolithique d’antan, ni comme la voie soumise au libéralisme débridé mère d’inégalités, mais au contraire comme une ligne directrice et une philosophie d’action libératrice des énergies et protectrice des libertés et des droits.

Comme dans tout organisme vivant où la complexité des composantes constitutives est la règle parce que chacune a sa fonction propre en action et/ou interaction, il s’agit par la planification préconisée de trouver le point d’équilibre quantitatif et qualitatif de l’ensemble.

Entre autres éléments, ce type d’équilibre recherché doit notamment tenir compte :

. de l’espace considéré avec ses caractéristiques humaines, son organisation socio-économique ;

. du facteur temps, dans le sens, par exemple, des cycles de productions agricoles et culturales, de celui de la reproduction humaine et animale, et de la périodicité de l’environnement naturel ;

. de la spécificité des matières présentes tels que le facteur climatique, les forêts, le réseau hydraulique, la façade maritime,les minerais et autres ressources du sol et du sous-sol existants ;

. des caractéristiques sociales, traditionnelles, ancestrales et autres spécificités sociales ;

. les données proprement économiques, financières et techniques…

 Une vision classique et basique

Loin d’être théorique, la planification de type organique et intégrée procède d’une vision holistique aussi classique que basique qui, il faut le reconnaître sans fard, fut historiquement à la base du développement de Madagascar dans la période de reconstruction matérielle et technique des années 1950 et 1960.

Cette même vision, traduite en fonction de leurs nécessités respectives, avait servi à la reconstruction matérielle et technique des grandes nations meurtries par la seconde guerre mondiale comme la France, les Etats-unis eux-mêmes, l’Allemagne ou le Japon.

Eh oui !, chacune de ces nations, en mettant en œuvre son génie propre, est passée par la planification intégrée et organique pour se redresser, se restructurer, se développer et s’engager ensuite dans des politiques de croissance.

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« Vers le large » – JPRA –


Ce processus quasi dialectique constitue une loi macro-économique classique et basique qui a fait ses preuves mais que, pour des considérations idéologiques renforcées par le phénomène de la mondialisation, on a trop tendance à oublier pour préférer se lancer dans de chimériques « politiques de croissance » sectorielles, alors même que si celles-ci devaient par chance finalement s’amorcer, ce ne pourraient être en tout état de cause que sur des pieds d’argile.

Car, ce ne sont ni l’économie globale ni la population en tant que telles qui en bénéficient mais bien les grands groupes et autres entreprises dépendantes de ces groupes qui en profitent…

La Banque Africaine de Développement vient de le démontrer dans son récent rapport 2015, en soulignant le triste fait selon lequel malgré une croissance générale les économies africaines se caractérisent par l’aggravation de la pauvreté, la disparité en termes d’industrie locale, et le déséquilibre social !

Par conséquent, pourquoi une telle vision de planification organique et intégrée, servie par les principes essentiels exposés plus haut, et faisant place au génie propre des concepteurs malgaches, ne s’appliquerait-elle pas à nouveau à Madagascar moyennant les orientations et les adaptations correspondant au contexte local et international du moment comme celui de demain ?

Il est certain que prosaïquement et eu égard aux mœurs politiques du moment, ces choix, y compris et surtout ceux devant aboutir à la formation du gouvernement devant mettre en œuvre cette voie du salut tant espérée et jamais concrétisée, ne doivent en aucun  cas dépendre des aléas du microcosme politique où l’état des forces partisanes est singulièrement chaotique.

En effet, étant donné leur absence de visions et, partant, leur caractère castrateur dus à des surenchères et à des marchandages stérilisants sans fin, le souffle nécessaire à une impulsion décisive risquerait fortement de faire défaut et, par conséquent, de faire perdre à Madagascar et aux Malgaches la mobilisation et l’élan indispensables.

L’ensemble de ces règles constitue pourtant la voie à suivre absolument pour le Salut d’une nation, Madagascar, qui n’a plus droit à l’erreur.

Et il appartient donc à ceux qui sont en position de présider aux destinées de cette nation d’être pleinement pénétrés des bons repères, d’être fermes mais à l’écoute, ériger l’exigence au rang des nécessités morales, doués d’une intelligence politique innée, dotés d’une boussole éthique sans faille, par conséquent de se montrer dignes, capables…et finalement méritants.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

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Reproduction, même partielle, interdite des textes et illustrations

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LAPAN’ NY FITSARANA MALAGASY – PALAIS DE JUSTICE MALGACHE

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Maquette du Palais de Justice d’Antananarivo. – Reproduction interdite –


 

       LAPA NY FITSARANA MALAGASY – PALAIS DE JUSTICE MALGACHE

Notre propos n’est pas ici de disserter sur la Justice malgache, qui hérite d’une vraie tradition tirant sa source dans la période de la royauté,

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Palais de Justice construit en pierres de taille sous le règne de la reine Ranavalona II


Mais bien plus modestement d’évoquer par les images ce que le concepteur du Palais de Justice d’Anosy (inauguré en 1963), notre très regretté père, l’architecte-urbaniste national malgache des années 1950 à 1960, entendait tout particulièrement valoriser et mettre en exergue :

. l’accessibilité, la transparence, l’égalité de traitement et l’oralité des débats, devant traduire la modernité de la Justice à l’accession de Madagascar à la pleine souveraineté ;

. l’égalité devant la Justice, son accessibilité et son efficacité ;

. l’indépendance de la Justice, garante de l’état de Droit (avec un petit « e » pour caractériser l’effectivité au quotidien) et par conséquent facteur de développement ;

. le respect et la défense des droits fondamentaux, alliés au renforcement des droits et des obligations des magistrats, des avocats et des auxiliaires de la Justice, acteurs de l’œuvre de  Justice.

Ainsi a-t-il tout d’abord nettement distingué les différents corps des bâtiments devant constituer l’ensemble abritant les différentes fonctions d’un Palais de Justice moderne, comme en témoigne la maquette représentant de la masse (voir ci-dessus).

Sans entrer dans les détails, nous nous limiterons ici à une très succincte évocation par les images, tout d’abord de la façade extérieure de la Salle des Pas Perdus, qui par les ouvertures des colonnes laisse deviner la transparence des lieux et invite à la sérénité,

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Ici, c’est bien volontiers que je pose devant la façade extérieure du long hall principal du Palais de Justice...

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Puis, de l’intérieur la vision s’ouvre à partir du Hall d’entrée et donne accès à l’allée centrale d’où sont distribuées les différentes salles d’audience.

A droite les vitraux à dominante rouge et jaune, côté nord, suggèrent la confrontation des thèses.

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Tandis que côté sud, dominant la Salle des Pas Perdus du rez-de-chaussée et du 1er étage, l’ensemble des vitraux à coloration d’un bleu nuancé jette à l’intérieur une luminosité voulue pour inciter à la sérénité des débats.

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On apprécie tout particulièrement cette nuance de couleur bleue qui fait clairement référence à la sérénité et aux visions positives …tout comme les motifs figuratifs de pas et d’empreintes suggèrent les avancées de la pensée et de l’action…

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On regrettera cependant quelques approximations au moment de l’exécution des travaux par l’Entreprise en charge, et quelques libertés au moment des travaux d’entretien sur la façade extérieure du bâtiment et dans le hall des pas perdus : les colonnes n’ont pas la finesse prévue par la conception d’origine, surtout celles du hall des pas perdus ont été réalisées dans un lourdaud style corinthien avec des couleurs dorées absolument pas prévus dans les plans de conception d’origine…

                                                                             *

Tel se caractérise ce Lapan’ Ny Fitsarana Malagasy des temps modernes qui, à travers le Hall principal d’entrée comme de la Salle des Pas Perdus, de l’extérieur comme de l’intérieur, fait, au début de ces années 1960 de reconstruction et de développement, la part belle à l’artisanat malgache, traditionnel comme moderne. Car, l’architecte a voulu faire cette part belle dans sa conception de cet espace public au savoir-faire de ces artisans malgaches dont le génie créateur est si méritant.

C’est également dans le même esprit que dans la fin des mêmes années 1950 le même architecte-urbaniste, notre bien  regretté père, Pierre Razafy-Andriamihaingo, avait conçu une série de tribunaux de première instance devant se construire dans chaque province, le premier à être réalisé étant celui d’Antsirabe (ici, à l’image – Reproduction interdite -).

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On le voit ici sortir d’une inspection des travaux dudit tribunal.

La conception architecturale procède ici d’un choix délibéré de simplicité, qui  rend en particulier hommage, à travers le portail principal d’entrée, mais aussi pour la boiserie de la salle d’audience, à l’artisanat zafimaniry pour le travail sculptural sur bois précieux. Elle traduit aussi, en matière de Justice comme ailleurs, la volonté du maître d’ouvrage et l’esprit des lieux, …mais il appartient à ceux qui y font oeuvre de justice de les perpétuer.

En l’occurrence, aux magistrats et aux avocats en premier lieu d’en être les acteurs exigeants et représentatifs.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

* Nous remercions vivement notre cousin Anja Andriantsiresy-Ramilison de nous avoir permis de disposer des photographies représentant les vitraux du Palais de Justice d’Antananarivo à Anosy – Reproduction interdite – 

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Reproduction, même partielle, strictement interdite des textes et illustrations

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AMBOHIMANGA, LE BERCEAU DE LA ROYAUTE DE MADAGASCAR – 3ème et dernière partie.

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« Perspective infinie » JPRA


              AMBOHIMANGA, LE BERCEAU DE LA ROYAUTE  DE  MADAGASCAR –

                                                        3ème et dernière partie.

Ambohimanga, la cité royale berceau de la royauté de Madagascar de l’après période mythique des rois fondateurs de l’Imerina du XVI et XVIIème siècles est, disions-nous, lovée au milieu d’une forêt comme un bœuf accroupi (cf. sur ce même blog l’article « Ambohimanga, berceau de la royauté de Madagascar », 1ère partie, daté du 24 mai 2016), une forêt dont la sacralité était consacrée par le roi Andrianampoinimerina.

Rappelons que la symbolique figurée par le bœuf (« omby »), cet animal quasi sacré chez les Malgaches dans les époques passées, confère au lieu « le souffle de l’esprit » avec ce que cela suppose d’inspiration, ce qui par ailleurs est accentué par les mystères de la gloire passée de Ambohimanga, colline royale qui s’abrite derrière ses hautes murailles et bercée par le doux bruissement des antiques ficus.

Cela se mesure davantage encore à travers les différents édifices que comporte la citée royale et que nous avons parcourus précédemment à travers les sept portes sacrées « vavahady », les origines urbanistiques de la cité royale et le lac sacré (voir sur ce même blog l’article « Ambohimanga,  berceau de la royauté de Madagascar » 2ème partie, daté du 3 juin 2016).

Nous poursuivons ici notre visite.

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« Tiges  » JPRA


 

LES PLACES PUBLIQUES

Il s’agit principalement de Ambatorangotina et de Fidasiana.

. Ambatorangotina :

Cette place a joué un rôle fondateur puisqu’ici fut décidée par les chefs du clan roturier Tsimahafotsy faiseur de roi la déchéance du roi Andrianjafy et proclamé le choix du prince Ramboasalama, dénommé roi Andrianampoinimerina, pour lui succéder.

D’autre part et par la suite, c’est de cette place que le désormais roi Andrianampoinimerina y proclama la plupart des décisions royales sous forme d’édits, ce avant même qu’elles ne fussent transmises sur toute l’étendue de son royaume.

Enfin, plus tard Ambatorangotina servait de tribunal, là même d’ailleurs où le roi avait sacrifié un bœuf sacré, « Lemainty », et dont l’évocation de la mémoire conférait la solennité des décisions d’arbitrage royal, mais également des prestations de serment de fidélité au Roi.

. Fidasiana :

Cette place publique ombragée sous les larges feuilles des ficus royaux abrite une pierre levée en la mémoire de la mère de prince Andriamborona, le fondateur d’Ambohimanga.

Une seconde pierre levée fut implantée par le roi Andriantsimativiaminandriana sur laquelle il prêta serment devant le peuple lors de son élévation comme Roi de l’Imerina.

Cet acte solennel prit depuis la force d’une tradition royale et connue sous le nom d’ « Orimbato ».

Le lieu fut si agréable et conçu comme privilégié par tous les rois successifs à la suite de Andriantsimitoviaminandriana que tous y installèrent des tombeaux de princes royaux, ce jusqu’à ce que la reine Ranavalona 1ère les déplaça pour pouvoir y aménager un lieu dédié à sa gloire.

La reine Ranavalona II poursuivit l’œuvre d’aménagement par le terrassement de la partie ouest et la plantation des ficus (amontana) autour de la place.

Mais, Fidasiana fut aussi ce lieu où s’éleva le Rova de Betafo, le premier du genre à être construit, c’est-à-dire un vrai Lapa (palais).

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« Verte colline » JPRA


 

LES ROVA (Lapa – Palais)

Voyons-les à partir de celui qui est le plus élevé par rapport à la topographie de la colline royale.

. Nanjakana ( » Là où le règne fut ») :

Par rapport au Rova actuel de Mahandry, Nanjakana étaitsitué au nord-est et composé de six cases (Nanjakana à proprement parler, Manambitana, Manandraimanjaka, Ikelisoa, Fohiloha, et Mananjara). La plupart d’entre elles fut détruite par un incendie survenue lors des funérailles de Ranavalona 1ère, incendie qui par ailleurs causa la mort de maintes personnes.

La première de ces cases fut construite par le roi Andriambelomansina, la seconde et la troisième par Andrianampoinimerina, la quatrième et la sixième par Ranavalona II, la cinquième par Ranavalona 1ère .

. Mahandry (« Qui rend serein » ou plus litteralement « Qui sait attendre »):

Le Rova était composé à l’origine de trois cases entourées d’une enceinte de pierres (Mahandry, Tsararay et Manandraimanjaka) construites sous le roi Andriambelomasina.

Par la suite, le roi Andrianampoinimerina les détruisit pour y construire une grande case qu’il appela « Mahandrihono » pour y habiter.

Mais, c’est la reine Ranavalona 1ère qui compléta l’aménagement de Mahandrihono avec notamment l’élargissement de l’enceinte et l’installation de deux portes d’entrée.

Quant à Manadraimanjaka, en la détruisant le roi remplaça cette case par la case « Manjakamiadana » (« Au règne serein ») en hommage à son idole préférée « Imanjakatsiroa » (« Celui qui règne sans rival »).

Par la suite, la reine Ranavalona 1ère l’agrandit, tandis que Ranavalona II détruisit à son tour Manjakamiadana version Ranavalona 1ère pour la refaire avec du matériau provenant du palais « Masoandro » du Rova d’Antananarivo.

Tsararay (« celui qui a un bon père »), elle, disparut donc définitivement du fait de Andrianampoinimerina.

. Bevato :

Le roi Andriantsimitoviaminandriana en fit son Rova.

« Bevato »(« Qui a beaucoup de pierres ») doit son nom par le fait que la case royale, posée sur un solide terrassement, fut à l’origine entourée, cas exceptionnel, d’une enceinte de pierres.

Puis, le successeur du roi, Andriambelomansina, ajouta dans l’enceinte même de Bevato quatre autres cases, dont celle de « Mantsara kely » où durant son règne Andrianampoinimerina y logea (cumulativement ou successivement ?…)  ses douze femmes… !

 

                                                                                        *      *   

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« Hommages » JPRA


 

Au terme de cette courte évocation d’un lieu aussi sacré et prestigieux au cœur des Malgaches et dont les visiteurs étrangers ne manquent jamais de souligner le charme, la colline royale d’Ambohimanga (voir sur ce même blog  la 1ère et la 2ème parties de la série d’articles intitulée « Ambohimanga, le berceau de la royauté de Madagascar », datées respectivement du 24 mai 2016 et du 3 juin 2016) mérite amplement son  classement au patrimoine historique mondial de l’UNESCO.

Si historiquement elle fut la rivale de l’ « autre » colline sacrée du Rova d’Antananarivo, les premiers rois de l’Imerina y puisant idéaux et traditions séculaires, un peu comme dans la Vallée de la Loire en France où les seigneurs et rois français y prirent leur source, cette marque d’origine s’effaça avec le génial unificateur de tout l’Imerina, le bien nommé Andrianampoinimerina, précisément « le roi au cœur de l’Imerina ».

De sorte que depuis la fin du XVIIIème siècle jusqu’à nos jours et pour le nécessaire référencement d’une Histoire qui doit mener à l’accomplissement de la destinée d’une nation toujours à la recherche d’elle-même, la vocation que recèlent les deux collines sacrées de la royauté malgache reste à réaliser.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

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Reproduction, même partielle, interdite des textes et illustrations

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Nota :

En sa qualité de conservateur en chef des musées des Rova d’Antananarivo et d’Ambohimanga, de 1946 à 1961, notre très regrettée mère, ainsi qu’à sa suite notre bien regrettée marraine et tante, Jeanne Ramboatsimarofy, eurent à cœur de valoriser à sa juste dimension historique le Rova d’Ambohimanga qui, du point de vue de l’administration coloniale française avant la proclamation de la République malgache en 1958, fut quelque peu délaissé.

D’ailleurs, le Président Tsiranana lui-même, dans un geste qu’il convient de saluer, avait tenu au début de sa prise de fonction à rendre un hommage particulier aux souverains ayant par le passé régné à Ambohimanga en s’y rendant, ce au côté du général de Gaulle à l’occasion de la seconde visite de ce dernier à Madagascar en 1958. Tout naturellement notre mère, en sa qualité de conservateur, les y accompagna.