LE ROVA D’ANTANANARIVO (1ère partie)

Rova (vue facade principale)

Vue du Rova, du bas des douze marches de l’escalier principal d’accès, entre deux haies touffues  d’arbustes taillés (aspect existant dans les années 1950-60). Archives de l’auteur. Reproduction interdite – JPRA -.** Voir NOTA en fin d’article.


 

                                            LE ROVA D’ANTANANARIVO (1ère partie)

PRECISIONS LIMINAIRES

Nous sommes en 2020. Il y a vingt-cinq ans, en cette funeste nuit du 5 au 6 novembre 1995, tout a brûlé sur la colline sacrée des souverains de Madagascar !

25 ans, c’est l’âge d’un jeune Malgache d’aujourd’hui qui, avec ses cadets ne connaîtront jamais, hélas !, les trésors de richesses inestimables du plus haut lieu de l’Histoire de Madagascar, le Rova d’Antananarivo, plus connu des Etrangers sous le nom du « Palais de la Reine » et des Malgaches sous celui de « Manjakamiadana » ! Car, un odieux incendie criminel a eu lieu il y a vingt cinq ans, dont les auteurs de la destruction totale de cet Acropole et de ce Versailles malgaches ne sont toujours pas connus à ce jour ! – Mais, en vérité, comme pour beaucoup trop d’autres profanations dont ce pays est coutumier, « on » prend bien soin de fermer les yeux…-

1 – Dès après avoir su ce crime, au nom de notre mère, ancien conservateur en chef du Rova (de 1946 à 1961) et initiatrice de ce Musée national, en notre qualité d’avocat au Barreau de Paris nous saisissions immédiatement le Directeur du Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO à Paris, Monsieur Bouchnaki, lequel promptement réunissait les délégués de tous les pays membres alors présents pour le Conseil exécutif de cette organisation internationale, et à l’initiative de la France et du Liban notamment, un fonds spécial pour la réhabilitation urgente du Rova est rapidement mis en place suivi de la constitution d’une équipe expertale d’évaluation des besoins qui sera dépêchée à Antananarivo. Face à cet ensemble d’initiatives, la délégation de Madagascar alors présente lors de ce Conseil exécutif de l’UNESCO, avait été naturellement approchée et sollicitée par nos soins, mais était demeurée inactive tout au long de ce processus décisionnel…! Par contre, nous tenons à louer à sa juste et grande valeur l’action décisive de Monsieur Bouchnaki cité ci-dessus.

2 – Certes aussi, du côté malgache les opérations de reconstruction et de réhabilitation ont été décidées, mais c’est seulement sous la présidence de Marc Ravalomanana, il y a plus de quinze ans, qu’elles ont réellement débutées, lesquelles étaient jusque là tributaires des crises cycliques de la vie politique malgache, et aujourd’hui elles sont toujours en cours…

Mais, même si le revêtement en pierres de taille du palais de Manjakamiadana est réalisé en 2016 seulement par une grande entreprise du bâtiment et de travaux publics ( !), et non par une entreprise spécialisée et agréée en réhabilitation de patrimoines historiques, et d’ailleurs avec bien trop d’approximations, le vrai palais, lui, celui à l’intérieur de l’enceinte en pierres de taille, jadis construit en bois précieux en 1839 par Jean Laborde, n’est point réhabilité…et on le sait maintenant, ne le sera jamais !.

3 – Car, il est désormais officiellement révélé – de plus, en grande pompe médiatique…- que ce joyau qu’était le Palais « Manjakamiadana » – le Palais du « règne serein » – est remplacé par un hideux bétonnage en règle avec un simili plafonnage et mural en bois industriel avec des motifs imitant grossièrement des figures artisanales de la marqueterie traditionnelle !!!…C’est un massacre ! De plus, comme si le pire devait empirer, sur le site une sorte de « Coliseum », une hideuse construction surdimensionnée doit accueillir, dès le jour de son inauguration prévue pour le 26 juin 2020, la populace pour des évènements festifs et lucratifs. Le tout face à ce que fut le Palais « Masoandro », à deux pas de la case sacrée « Besakana » du Grand Roi Andrianampoinimerina et du Temple royal, autant de lieux dédiés à la spiritualité et à la religiosité qui sont ainsi bafoués…

A titre personnel, auparavant j’avais par ailleurs entendu de la bouche de certains ignorants – ou illuminés – une profonde et sérieuse interrogation consistant à dire : « pourquoi vouloir réhabiliter le Rova; mieux ne vaudrait-il pas qu’il demeure en ruine comme l’est actuellement le Parthénon à Athènes afin de souligner le caractère antique des lieux ? … » !!!… »Belle et intelligente réflexion », en effet !…

Bref, on ne saurait donc sérieusement considérer que le Palais de Manjakamiadana sera réhabilité. Pire: il est dénaturé !…et la mémoire des lieux est bafouée.

4 – Il est plus que significatif que la Directrice du Centre du Patrimoine Mondial, Madame Mechtild Rössler,lointaine successeur de Monsieur Bouchnaki cité plus haut, ait par une lettre du 24 février 2020 alerté les hautes autorités malgaches en ces termes:

« …Ces travaux…pourraient…avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) et l’intégrité de la Haute Ville d’Antananarivo, bien inscrit sur votre Liste indicative depuis février 2016. Ces travaux pourraient également avoir un impact notable sur le dossier de nomination sur la Liste du patrimoine mondial qui est en cours de préparation par votre gouvernement ».

Le bâti a donc subi – pour toujours –, au début des travaux de « réhabilitation les aléas de l’approximation et, par la suite, le massacre de l’ouvrage, tant le souci du respect des lieux et les exigences élémentaires d’une opération de réhabilitation et de restitution ont été ignorés…

En outre, jamais le mobilier et les trésors de richesses qui furent conservés dans les différents palais de ce Rova ne pourront, mille fois hélas !, être reconstitués !

Or, une vaste et mobilisatrice opération de réhabilitation du Rova d’Antananarivo aurait pu être l’occasion unique de promouvoir et faire revivre parallèlement tout l’énorme patrimoine artistique et artisanal malgache en faisant participer pleinement nos artistes et artisans et faire appel au savoir-faire ancestral, tout ce beau monde ne demandant pas mieux qu’à revivre et à se régénérer. Mais, mille fois hélas, même pas une once de considération d’une telle orientation n’a effleuré la conscience de ceux qui se targuent avec mille prétentions de « réhabiliter » le Rova d’Antananarivo…

LA MEMOIRE INDISPENSABLE D’UN PATRIMOINE HISTORIQUE MAJEUR

Il est donc primordial que ce qui suit soit rappelé pour au moins se remémorer ce que fut ce Rova d’Antananarivo, ce qu’il représente pour la mémoire collective nationale, et ce que furent les trésors ayant existé dans ce « Versailles malgache ».

Voici donc l’itinéraire mémoriel qu’il convient de suivre et de garder vivace.

Depuis sa fondation en 1610 par le roi Andrianjaka, Antananarivo, cette « cité dont l’apparence est véritablement grandiose » avec son Rova, selon une expression du voyageur A. Bruggeman, n’a pas cessée de se développer et son Rova de s’agrandir et de s’embellir au cours des deux siècles et demi pendant lesquels il fut habité et animé par les souverains malgaches.

Parmi les hautes personnalités étrangères, Charles de Gaulle et son épouse Yvonne, François Mitterrand, le roi Mohamed V et le futur roi Hassan II, l’Aga Khan, Michel Debré, Albert Sarraut, pour ne citer qu’eux, tous autrefois avaient pu goûter au charme et à la solennité des lieux sous la conduite de leur conservateur en chef.

Aujourd’hui donc, un voyage à l’intérieur de ce Rova s’impose. Pas uniquement pour le souvenir, mais en forme de célébration des lieux et pour revivre ces époques passées où se sont mêlés les faits et gestes des princes, des rois et des reines que Madagascar, la Grande Ile, s’est donnée.

Avant de pénétrer ces lieux, rappelons que dans sa définition un « Rova » est une enceinte princière ou royale située sur la plus haute colline des environs, protégée et fortifiée par une palissade de bois et défendue par un fossé fortif. En l’occurrence, le Rova d’Antananarivo, posé à mille cinq cents mètres sur un imposant cube de granit avec les quatre tours du palais Manjakamiadana qui montent une garde vigilante, domine la capitale malgache de sa lourde masse grise et ocrée.

L’enceinte royale se composait d’un grand nombre de bâtiments d’importance, de styles et de factures fort divers, ceci dans un dédale de pierres et de reliques qui avait donné du fil à retordre à son conservateur en chef malgache dans ces années débutant en 1946 pendant lesquelles elles furent minutieusement inventoriées, authentifiées, décrites, classées et restaurées avant d’être exposées au public.

Plutôt que d’adopter une exégèse strictement chronologique des lieux, laissons là ce fil d’Ariane des époques et des ans pour se prendre en main et se laisser aller au gré et au hasard des dédales, des escaliers, des salles et des galeries en l’état où ils étaient durant les années fastes de la conservation de ce Rova, c’est-à-dire de 1946 jusqu’au tout début des années 1980, donc bien avant l’incendie criminel de 1995.

L’ENTREE PRINCIPALE DU ROVA

Rova (De gaulle escalier entrée)

Le général De Gaulle, lors de sa visite privée du Rova en 1953 descend les marches de l’entrée principale, guidé par notre très regrettée mère (à la droite du général), conservateur en chef du Rova. Archives de l’auteur – JPRA – Reproduction interdite.


 

L’entrée principale du Rova se situe au nord.

Avant de monter les douze lourdes marches de pierre que Radama 1er aimait escalader sur son cheval blanc, on passait entre deux canons qui servirent à donner le signal de l’exécution des corvées royales et du couvre-feu, mais surtout à tirer des salves lors de grandes occasions.

Ces canons faisaient partie d’un lot offert par le roi Georges IV d’Angleterre à Radama 1er. L’un d’eux, appelé « Besakafo » (« gourmand »), qui a malheureusement disparu depuis, officiait tout particulièrement pour saluer le retour des généraux vainqueurs ou l’avènement au trône du nouveau souverain. Plus tard, d’autres canons, de fabrication malgache, étaient disposés sur le flanc ouest du Rova, au-dessus de Mahamasina, et au nord-ouest à hauteur du quartier d’Andohalo pour la défense de la capitale durant le dernier conflit franco-malgache.

Rova (porte d'entrée) Bon

La porte monumentale du Rova. Archives personnelles – JPRA – Reproduction interdite.


 

C’est en 1865, en pleine embellie relationnelle avec l’Angleterre, que cette porte d’entrée en forme d’arche de triomphe romain fut reconstruite en pierre.

De chaque côté de l’arche deux colonnes sont reliées par une niche cintrée. Et, deux guérites taillées dans la pierre nous rappelle que l’entrée principale du Rova était gardée jour et nuit par au moins deux sentinelles. Un « Voromahery » (« aigle ») en bronze argenté surmonte cette porte monumentale, aigle faisant partie d’un lot de trois, dont les deux autres sont placés respectivement au sommet des palais « Tranovola » et « Manjakamiadana » , et confectionnés en France du temps de la reine Ranavanola 1ère.

 

Rova Voromahery

Le Voromahery surmontant la porte principale du Rova. Archives personnelles – JPRA – Reproduction interdite.


 

Ce nom de « Voromahery » était celui de la garde prétorienne du grand roi Andrianampoinimerina, qu’il désigna en 1794 pour défendre la capitale royale. Il est devenu l’emblème des souverains malgaches.

L’étiquette royale voulait que cette porte fût franchie du pied droit.

LA COUR INTERIEURE

Ici se déroulait la plupart des cérémonies officielles de réception de visiteurs étrangers.

Rova Cour carrée

La cour carrée. Vue sur la façade nord du Rova de Manjakamiadana. Archives personnelles – JPRA – Reproduction interdite.


 

C’est un vaste carré d’une grande sobriété en terre battue avec au centre une large pelouse encadrée de quatre grands pots de fleurs, à droite l’allée des ficus royaux, à gauche les sept tombeaux royaux « Fitomiandalana » et le palais « Tranovola », et en face au sud le palais « Manjakamiadana ». Devant cette pelouse, nos regards se dirigent successivement vers « la pierre des mille guerriers » (a), « la pierre de Rastida » (b), les tombeaux royaux (c) et les sept tombeaux alignés « Fitomiandalana » (d).

Rova Cour carrée 2

La façade Est de la cour carrée abrite le tombeau des reines (à gauche) et celui des rois (à droite). En arrière-plan figure le palais du Tranovola, disparu suite à l’incendie du 6 novembre 1995. Archives personnelles – JPRA – Reproduction interdite.


 

En raison de l’énorme poids des souvenirs des lieux, c’est toujours en se réfugiant dans un silence respectueux et dans le recueillement qu’on avance à pas comptés.

  • « la pierre des mille guerriers » :

C’est une grande pierre en forme de poire qui servait, dit-on, aux guerriers d’Andrianampoinimerina de se faire les muscles ! Il s’agissait en fait d’une « pierre sacrée » qui était placée à l’extrémité nord-est du tombeau de la reine Rasoherina pour en commémorer l’édification. Derrière, était placé un canon de fabrication malgache du temps de Ranavalona 1ère, provenant de l’industrie de l’armement montée par Jean Laborde à Ilafy et à Mantasoa.

Rova Cour carrée 3

Vue générale de la façade Est de la cour carrée. Entre les deux pots de fleurs se trouvait la « pierre des mille guerriers ». Archives personnelles – JPRA – Reproduction interdite. 


 

  • la « pierre de Ratsida » :

Celle-ci, un véritable monument, est plus travaillée que la précédente. Elle a été élevée à la mémoire de Ratsida qui commanda en 1830 sous Ranavalona 1ère une armée victorieuse contre le roi Tanala Tsiandroafana, mais qui fut tué au combat.

  • les tombeaux royaux :

Ils se composent du tombeau des reines, construit en 1868 à la mort de la reine Rasoherina, et du tombeau des rois, construit en 1828 à la mort de Radama 1er

Dans le premier tombeau sont rassemblés avec ceux de Rasoherina les restes des trois reines Ravanavalona, tandis que dans le second sont réunis avec ceux de Radama 1er, les restes de Radama II et de Andrianampoinimerina. C’est le général Gallieni qui en 1897 a ordonné ce rassemblement des restes royaux, ceux de Andrianampoinimerina, de Ranavalona 1er et de Ranavalona II se trouvant auparavant à Ambohimanga, ville royale sacrée, et ceux de Radama II à Ilafy, tandis que la dépouille mortelle de Ranavalona III, décédée à Alger en 1917, fut ramenée à Madagascar en 1938 seulement.

Ces tombeaux sont, selon la tradition royale et de la haute noblesse, surmontés du « Tranomasina » (« Maison sainte »).

  • les sept tombeaux alignés « Fitomiandalana » :

Ils sont quelque peu masqués par les tombeaux des reines et des rois, auxquels ils sont accolés derrière ceux-ci.

Rova tobeaux alignés

Les sept tombeaux des premiers souverains d’Antananarivo, à l’ombre de ficus. Archives personnelles – JPRA – Reproduction interdite.


 

Ce sont ceux des premiers rois d’Antananarivo depuis Andrianjaka, fondateur de la capitale royale : Andrianjaka, Andriantsitakatandriana, Andriantsimitoviaminandriandehibe, Andriamasinavalona, Andrianjakamandimby, Andriampoinimerina (à ne pas confondre avec Andrianampoinimerina !), Andrianavalonibemihisatra, auxquels on ajouta en 1897 ceux des rois d’Ambohimanga Andriantsimitoviaminandriana et Andriambelomasina, ainsi que ceux de divers autres princes et princesses dont Ranavalonandriambelomasina, mère du roi Andrianampoinimerina.

Mais en fait, comme dix rois ont successivement régné à Antananarivo de 1610 à 1794, date de la conquête des lieux par Andrianampoinimerina, les trois qui n’eurent pas l’honneur d’être ensevelis dans ces sept tombeaux sont : Razakatsitakatrandiana, détrôné ; Andriambalohery, mort de la lèpre ; et Andrianamboatsimarofy, vaincu par Andrianampoinimerina.

Le tombeau de Andrianjaka est le premier situé au sud.

Nos pas nous mènent maintenant irrésistiblement vers l’édifice le plus imposant du Rova : le palais « Manjakamiadana », le bâtiment lui-même dans ses aspects extérieurs, puis l’intérieur même de ce « grand palais » avec ses salles et ses différents aménagements !

Cet « intérieur » qui, depuis le funeste incendie du 6 novembre 1995, n’existe plus et s’est vidé des reliques qui y avaient été pieusement conservées jusque là ! Mille fois hélas !…

Du moins, pouvons-nous revivre l’existant de ce magnifique palais, ses différentes facettes et son intérieur, à travers les descriptions auxquelles nous consacrons la 2ème partie de notre récit.

Rova. itinéraire visite

Plan de situation des palais et bâtis du site du Rova d’Antananarivo et itinéraire de notre visite. Archives personnelles – JPRA – Reproduction interdite.


 

L’itinéraire de notre visite de l’ensemble du site du Rova d’Antananarivo empruntera le cheminement qui figure sur le plan ci-dessus, lequel constitue par ailleurs une sorte d’inventaire de l’existant de l’ensemble du bâti de ce Versailles malgache avant l’incendie du 6 novembre 1995.

Bonne visite !

Du moins en esprit, puisque plus rien de ce qui précède et de ce qui va suivre n’existe plus, hélas ! mille fois hélas !…

 

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

(A suivre : 2ème partie)

 

—————————————–

Reproduction, même partielle, strictement interdite des textes et illustrations photographiques

—————————————-

* Récit résumé, tiré de l’ouvrage de Suzanne Razafy-Andriamihaingo, « Colline sacrée des souverains de Madagascar, le Rova d’Antananarivo », L’harmattan, 1989, 222 pages, illustrations, photos et croquis. Professeur d’Histoire de l’Art, diplômée de l’Ecole du Louvre en muséographie, chargée de mission au Musée de Versailles et des Trianon de 1942 à 1946, elle fut conservateur en chef des musées du Rova d’Antananarivo et du Rova d’Ambohimanga de 1946 à 1961 avant de devenir conseiller culturel à l’Ambassade de Madagascar au Royaume-Uni de 1961 à 1965.

NOTA :

  • I – Initialement, le présent article fut écrit et publié le 6 novembre 2013. Par un fait mystérieux il disparut soudainement l’année dernière. Or, il faisait partie d’une série de cinq articles successifs, les quatre parties suivantes ayant été publiées successivement tout au long des mois de novembre et décembre 2013 que je vous invite à lire.
  • II – Le Rova est, quelque fois, l’objet de certains fantasmes. Parmi ceux-là un récent « post » paru sur Facebook alléguant la disparition, paraît-il entre 1940 et 1950 (???…), d’une maquette miniature du Rova en or massif qui aurait été offert par l’Aga Khan. Et qu’une dame De La Marthe en aurait été l’auteur, laquelle mourut dans un accident d’avion avant qu’elle ne puisse être arrêtée par la police dûment alertée par « le directeur du musée ». Ce qui fait dire à la rédactrice du « post » que c’était l’esprit des souverains ayant habité ce Rova qui exercèrent ainsi leur vengeance…! Le « post » d’indiquer, en outre, qu’à ce moment-là le « directeur du musée » était le fameux Pierre Razafy-Andriamihaingo, lequel donc avait paraît-il dûment alerté la police dudit vol afin que la voleuse, qui était en partance pour la France à bord d’un avion au départ de l’aéroport d’Arivonimamo, soit prestement arrêtée…La réalité est la suivante: 1. comme on le sait, Pierre Razafy-Andriamihaingo n’était pas le « directeur du musée », c’est son épouse qui en était le conservateur en chef; 2. de tels faits prétendument allégués sont-ils attestés par des éléments factuels ou matériels établis ? Non; 3. de telles allégations résultent de « on-dits », de racontars et de rumeurs véhiculés gratuitement u sein d’un petit cercle, ce sans éléments factuels ni matériels établis ou même corroborés; 4. nous, qui habitions le « Rova » durant cette large période alléguée « de 1940 à 1950 », n’avions eu vent d’aucun fait du genre…!; 5. le gardiennage du Rova avait permis un programme soutenu et inégalé de recollement, de catégorisation, de reconstitution, d’exposition et de valorisation de toutes les reliques contenues dans les différentes bâtisses composant l’enceinte du Rova, ce avec une maîtrise et un professionnalisme unanimement salués. Malheureusement, sur les réseaux sociaux tel que Facebook, où les lecteurs sont friands de prétendues « révélations » plus ou moins malintentionnées, ou tout au moins orientées, des racontars de cette nature prolifèrent et font recette, mais au détriment des réalités et des hommes…

** Malgré les mentions expresses figurant au bas de cette photographie, certaines personnes et certains organismes, non des moindres qui se veulent « sérieux », ne se gênent nullement de la reproduire – notamment sur Facebook – sans le moindre respect de nos droits et s’abstiennent volontairement de citer la source de cette photographie qui provient de nos archives personnelles. Tous nos droits étant réservés, nous exercerons tous moyens de les faire respecter.

Cette 1ère partie de notre série d’article sur « le Rova d’Antananarivo », datée de ce 19 juillet 2018 est une reconstitution de l’article initial écrit et paru le 6 novembre 2013 mais depuis lors « disparu » mystérieusement des écrans…

 

6 réflexions sur “LE ROVA D’ANTANANARIVO (1ère partie)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s