MADAGASCAR, REPORTAGE PHOTOS

Massifs montagneux, acrylique – Jipiera –

MADAGASCAR, PAYS DE LA DIVERSITE

                                                     DONNEES GENERALES

. 587.014Km2   . 25 millions d’habitants (densité = 35hb./Km2)   . Répartition de la population active : 75% agriculture, 15% services, 9% industrie, 1% mines   . Religions : culte des ancêtres, christianisme, islam, bouddhisme

                                                          LES  IMAGES VARIEES DU PAYS

1 . Carte des Itinéraires touristiques

2 . Maison paysanne des hauts-plateaux (Imerina)

3 . Petit village du Sud-Est

4 . Pirogue à balancier au repos en pays Vezo (Sud-Ouest)

5 . « Allée des baobabs (près de Morondava à l’Ouest)

6 . Plage à Nosy-Be (Nord-Ouest)

7 . Lémurien (un des symboles de Madagascar)

8 . Richesse sous-marine malgache

9 . et 9bis . Hira Gasy (chants lyriques des hauts-plateaux – Imerina -)

10 . Plage du sud-est

11 . Scène de la vie paysanne du Sud-Est (pillage du riz)

12 . Case paysanne en pays Antaimoro (Sud-Est)

13 . Sourire de femme du Nord

14 . Tsingy de Bemaraha (forêts sèches de l’Ouest)

15 . Beauté du Nord-Ouest

16 . Charrette à bœufs (Hauts-plateaux du Sud)

17 . Paysanne de hauts-plateaux centraux

18 . Village des hauts-plateaux centraux

19 . Plage des côtes Nord-est

20 . Hameau des hauts-plateaux centraux

21 . Village forestier (côtes Est)

22 . Sentier tropical (côtes Est)

23 . Rizière des hauts-plateaux

24 . Vue de plage à Nosy-Be (Nord-Ouest)

25 . Ville haute d’Antananarivo vue du Lac Anosy

26 . Place centrale de Tamatave (côte Est)

27 . Vallée des hauts-plateaux centraux (Imerina)

28 . Beauté Merina (hauts-plateaux centraux)

29 . Côtes sud-est

30 . Pêche artisanale au large de Tuléar (côtes Sud-Ouest)

31 . Scène de rue à Tuléar

32 . Fianarantsoa (capitale du Centre-Sud)

33 . Zébu au repos (le Zébu, symbole par excellence de Madagascar)

34 . Le Ravinala (arbre du voyageur, autre symbole par excellence de Madagascar)

35 . Le Rova d’Antananarivo (face Ouest)

36 . Le Rova d’Antananarivo (entrée principale et face nord)

37 . Couché de soleil en bord de mer (côtes sud-est)

38 . Rizières sous le soleil couchant (hauts-plateaux)

39 et 40 . Massifs montagneux (région centrale)

                                                          Jean-Pierre Razafy-Andriaihaingo

1 – Photos de :

. Eric Andriamanantsara, David Breval, Didier Mauro, Jean-Pierre Mellaert, Jean-Marc Laurent, Jean-Paul Masson, Alain Rajaonarivony, parues dans l’excellente Revue « Madagascar Magazine »

. Du Guide « Madagascar » dans la Collection des Guides Gallimard,

. Archives personnelles.

2 – Carte des itinéraires touristiques de La Maison du Tourisme de Madagascar parue dans « Madagascar Magazine »

ARTISANAT DE MADAGASCAR, RICHESSE ET DIVERSITE

« Floraison d’automne », acrylique – Jipiera


Sur ce même blog, à la date du 17 novembre 2016 nous écrivions sur « L’artisanat traditionnel malgache », article dans lequel nous évoquions la tenue à la Résidence de Madagascar à Paris d’une Exposition portant le titre « Artisanat de Madagascar, Richesse et Diversité ».

Cette belle demeure située 1, Boulevard Suchet à Paris 16ème entre le Bois de Boulogne et le Jardin du Ranelagh est la résidence officielle de l’ambassadeur en fonction, un bel hôtel particulier qui avait été choisi en 1953 par notre père à la demande du gouvernement de Madagascar, alors qu’en son sein il était à la tête de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Architecture.

L’évènement, qui eut lieu durant tout le mois de décembre 2004 avait pour objectif de promouvoir le savoir-faire des artisans malgaches à une époque où Madagascar sortait à peine d’une énième période de trouble politique deux ans auparavant avec la fin mouvementée du régime précédent.

A ce stade du devenir de Madagascar, l’artisanat se devait aussi de renaître et, pour cela, de se faire mieux connaître, notamment à l’étranger.

Il fallait pour cette Exposition une bonne animation de départ pour son inauguration.

Elle le fut avec une belle réception en soirée, qui attira du beau monde, ponctuée dès le départ, en particulier par deux prestations remarquées, tout d’abord celle d’une jeune et talentueuse chanteuse lyrique en la personne de ma petite-cousine d’entrée de jeu, ce qui me mit en verve pour entamer mon propre petit discours de bienvenue, et celle ensuite d’un groupe folklorique bien connu qui suivit mon intervention et accompagnait les nombreux visiteurs des rythmes variés de leurs chants et mélodies tout au long de la soirée…

Dans leur diversité les objets artisanaux trouvèrent leurs places et emplacements dans les diverses pièces des grands salons de la Résidence.

Ainsi en était-il des tissages, grandes spécialités malgache que l’on retrouve pratiquement sur toute l’étendue de la Grande Ile sous différentes formes (ici en photos: des nappes et services de table; des robes…).

Bien entendu, les magnifiques Lamba, ces amples toges multi ou uni colores, en soie sauvage que l’on ne trouve qu’à Madagascar étaient largement mises en valeur.

Quant à la marqueterie, autre spécialité malgache, elle se décline notamment sous les formes de tables basses en gigogne ou de boîtes, mais aussi d’ameublement en bois précieux…

Le bois précieux, notamment le bois de rose, constitue un matériau de prédilection pour certains meubles ou autres boîtes (le bois précieux de Madagascar est désormais amplement utilisé en Chine pour la confection de meubles).

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Le Malgache est aussi joueur et, très certainement musicien, la musique tenant une place privilégiée dans la vie quotidienne, la diversité des instruments, à commencer par le plus emblématique, le Valiha, étant remarquable.

Quand on parle Madagascar, on ne peut bien entendu pas s’empêcher de penser à la multitude de pierres, précieuses et semi-précieuses que recèle la quatrième plus grande île du monde. Elle produit aussi certaines spécificités, par exemple celle de confectionner des matières spéciales comme le papier Antaimoro…ici sous la forme de sacs.

Ces quelques photographies ne représentent bien sûr que des aspects parcellaires de cette Exposition  » Arisanat de Madagascar, Richesse et Diversité ».

Il conviendra d’aller sur place, à Madagascar même, pour goûter au plaisir d’admirer cette richesse et cette diversité en parcourant les régions.

Terminons par ces quelques articles de souvenir qui font généralement le bonheur des touristes …

Bon séjour à Madagascar, l’Île Rouge !

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

L’ELOGE DE VENUS

Que n’a-t-on pas dit, évoqué et célébré sur Venus et autour d’elle ?…

Déesse de la beauté et de l’amour, l’Antiquité grecque et les époques qui suivent la représentent sous ses traits de séduction, avec l’évocation du plaisir, et de cette douceur délicate qui inspire et apaise.

Bref, elle est drapée dans les belles et vivifiantes vertus de la Nature.

« Vénus », pastel à l’huile – Jipiera – Reproduction interdite –

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lle est aussi mère, mais à vrai dire on la préfère simplement juvénile.E

Tout spécialement sous les traits d’une Callipyge, comme elle est représentée dans cette statue où elle est placée dans une stature magnifique et suggestive ornant avantageusement un bel et discret endroit du Jardin des Tuileries…

Ceci étant, même étant mère, et sans doute du fait de cet état, Vénus apparaît toujours comme la représentation même de l’Amour, de la vertu et de l’intériorité même !

C’est pourquoi Vénus apparaît quasiment toujours dans sa nudité, dans ses lignes cristallines et ses gestes de préciosité et d’attention sereine, mais le tout suggère la pureté, la pudeur et même la chasteté.

Qui mieux que Botticelli en a exprimé les traits ?

La sensualité chaste ainsi exprimée par l’artiste plaît, tant et si bien qu’elle inspire bien d’autres emportements qui laissent éclater d’autres vocations où parfois les ondulations du corps féminin sont prises dans l’écume irisée des vagues, même si, avec Titien, ce corps est au repos pour en sublimer la beauté, la volupté et l’attrait.

Et précisément, on ne compte pas non plus les scènes voluptueuses où Vénus traverse le temps comme les situations avec ses innombrables postures qui la font voir avec constance dans sa volupté comme dans son charme intérieur qui naturellement transparaît à l’extérieur.

Bref, Vénus est objet de mythologies partout où elle est représentée.

Vénus, callipyge, surgit des tréfonds…Photo Jipiera – Reproduction interdite –

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Même la religion s’en mêle puisque Vénus est reconnue comme la personnification de la grâce, de la bienveillance et du charme, et qu’elle est en cela douée du pouvoir de subjuguer les hommes.

Ceci dit, a contrario dès l’Antiquité romaine Vénus faisait aussi l’objet de bien d’autres représentations, cette fois-ci dépassant cette sensualité chaste que nous évoquions précédemment pour se nicher dans la sexualité, ce qui n’est plus notre propos ici…

En effet, gardons de l’iconographie de Vénus sa représentation mythologique de la Femme évoquée plus haut en guise d’éloge.

Les miennes se tiennent dans la sobriété du charme, de la séduction, de la douceur, de la délicatesse, de l’intelligence, de la subtilité, de la spiritualité et du sentiment, dans l’éclat de la personnalité, l’attrait du caractère et du corps, et se réjouissent de la Nature, car elle est nature…avec une sorte de sublimité !

J’en connaissais une telle…j’en connais une telle…j’en connaitrai une telle…

Quant à Maurice Genevoix, chantre de l’écologie à la française et récemment panthéonisé, dans son roman autobiographique « Un jour » écrit en 1976 à l’âge si respectable de 86 ans, ne fait-il pas référence à cette « vénusté » dans laquelle il souhaite que demeure la femme pour ne pas se départir de sa pureté originelle et toujours offrir à l’Humanité…toute son humanité ?

La vie est belle…!

C’est ce que j’ai essayé de représenter en illustration par mes modestes peintures : « Vénus » (pastel à l’huile sur papier Canson épais) en haut d’article et « Vénus Gasy – malgache – » (acrylique sur toile) ici en bas. Mais entre nous, j’avoue humblement que je suis bien trop loin de reproduire, même partiellement, les traits sublimes que j’évoque avec délectation dans le corps de mon texte…Chacune – et chacun – m’en rendront grâce…

– Tous droits réservés. Reproduction interdite de ces deux tableaux -.

Et in fine, j’ajouterais en forme conclusive une belle remarque d’un de mes lecteurs, Rasoamanana Tiana, citant lui-même une très belle formule issue de la tradition matriarcale malgache selon laquelle « Ny vehivavy no fitoeran’ny Hasina », c’est à dire : « chez la femme réside le sacré » !

C’est bien vrai ! Prenons-en bien conscience.

C’est si vrai, en effet, que par exemple chez nous à Madagascar le Roi Ralambo (1575-1610)* avait prescrit comme règle référentielle de la succession au trône malgache que pour assurer la légitimité par le sang royal, l’héritier ou l’héritière devait procéder d’une mère issue de l’une des maisons princières de la trinité nobiliaire des Andrianteloray ( les maisons princières des Andriantompokoindrindra, Andrianamboninolona et Andriandranando).

Alors, Mesdames et Messieurs, calons-nous sur cette belle maxime: « chez la femme réside le sacré »…!

Hommage femme gasy jipiera

« Vénus gasy », acrylique sur toile – Jipiera – Reproduction interdite –

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Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo, alias Jipiera

  • * Le Roi Ralambo (1575-1610) avait succédé à son père le Roi Andriamanelo (1540-1575), fondateur de la dynastie régnante de l’Imerina (d’où procèdera plus tard le Royaume de Madagascar).

ECARTONS LA PEUR, ALLONS A L’ESPERANCE !

rosace-9 « Lueur pour l’espoir », maquette de vitrail – Jipiera – Reproduction interdite –

ECARTONS LA PEUR, ALLONS A L’ESPERANCE !

Devant les ravages insidieux de la Covid-19, le monde est en proie à de profondes interrogations, voire à la peur, tandis que les désordres et autres fissures béantes d’hier et d’aujourd’hui s’aggravent et ébranlent nos sociétés même les plus réputées solides de par le caractère incompréhensible, insaisissable, imprévisible et envahissant de la pandémie.

Que dire alors des pays dits « pauvres » comme Madagascar ou ailleurs où la misère et les actes profanateurs de la Nature se multiplient sans retenue et aux yeux de tous et que de la sorte, ne voyons-nous pas les figures de tous nos pays s’enlaidir davantage encore ?

Or, la Lumière ne cesse de nous tendre ses rayons.

Hommes et femmes, je vous en conjure, en ces temps de dures épreuves ne laissez pas s’installer les rudesses des temps révolus, nos suffisances stériles, mais faîtes qu’elles soient bannies à jamais !

Même si tout, dans l’ambiance du temps, celui de notre actuelle quête existentielle, semble échapper à la raison parce que des forces malignes ignorent le sens de nos valeurs, celui du simple message du cœur et de l’esprit, désormais à chacun de semer le bon grain.

Ne laissons pas la jachère risquer de s’étendre, là au contraire où quelque sève répandue en renfort est la bienvenue, car tout doit tendre à empêcher que l’aridité des âmes malignes étale ses mauvaises oeuvres.

Aujourd’hui il faut aller au-delà du simple songe pour que le mieux gagne et que le pire s’éloigne. Parce que, oui ! une voix intérieure nous susurre l’annonce de quelque lumière !

Empêchons le retour des vents retors, la bourrasque des mauvais jours qui voudraient nous apporter leurs nuées de guêpes pour nous envelopper soudain d’un manteau froid.

Mille fois non !

allegro « Allegro ! », acrylique sur papier doré – Jipiera – reproduction interdite –

Refusons la peur, refusons de vivre éternellement sous l’empire de Pilate dans les profondeurs de l’abîme.

Il nous faut voir l’horizon, scruter le firmament et nous référer à la vigie de notre destin !

Car, l’Espérance est là, elle nous attend.

Oui ! le sang répandu, les blessures des corps et des âmes, les larmes de désespoir et les humiliations subies trouveront bien dans notre détermination d’airain et d’acier les réparations dues !

Nous, citoyens du monde, citoyens de tel ou tel pays, de Madagascar, allons ce jour même à travers champs, sur les cimes, au fond des vallées, dans les villages, en villes, jeter nos pensées comme nos fruits amers pour que maintenant, demain et après-demain, mais sans délai, ils laissent place à la gousse ingénieuse de nos meilleures références.

Allons de même à longueur de vos champs, de vos rizières, ô mes terres, ô Ny Taniko !, ô ma chère Terre, ma chère patrie, ô Madagasikara Malala ô !, creuser leurs sillons fertiles sans les dénaturer, les violer, comme nous le faisons sans conscience aucune.

Dans cette marche, dans cette belle besogne, nous n’oublierons pas d’annoncer à Pierre, à Jacques, à Brian, à Feng, à Ishio, ou à Fabio, à Marie, à Carla, à Ying, à Branda, à Ikoto, à Fara, à Jovy, à Raivo ou à Sakaiza, aux contrées les plus diverses, au fond des villages, des comtés, des lands, au Fokonolona, au Fokotany, au Firenena, la bonne nouvelle de notre âme retrouvée.

Qu’ainsi nos ami(e)s, nos compatriotes, pétris de courage, édifiés des dures épreuves, nourris par la profondeur de leurs sources, fortifiés à force de dignité, se libèrent des lianes hideuses des ténèbres !

Afin que vivent et volent de leurs ailes les figures hâlées de nos libertés !

Voyez nos innombrables monuments pompeux, nos fières stèles, nos innombrables Vatolahy en érection, nos statues virilement dressées ! Partout, ils tracent sur nos chemins historiques l’itinéraire à suivre. Ils mènent sur les crêtes d’où l’on perçoit au loin le florilège de nos réalisations passées et d’où l’on voit se profiler la floraison promise.

allegro vivace ! « Allegro vivace ! », acrylique sur papier doré – Jipiera – Reproduction interdite –

Celui qui saura l’emprunter d’un pas hardi pourra dire: ici commence la relève, ici sous le jour le monde, tous les pays, Madagascar y compris, revivront !

Le redressement si nécessaire dans la résilience exige, commande, requiert de tous l’adhésion du coeur et de l’esprit; ce qui pour certains peut-être, passe par leur reconversion et le dépassement de soi; mais pour chacun en tout cas, l’ardent devoir de s’unir autour de nos valeurs partagées.

Alors, et alors seulement !, l’élan collectif se muera en notre unité retrouvée. S’enchaîneront inexorablement la détente morale et le relèvement des considérations qui seront autant de signes de libération et, en définitive, de délivrance.

Magnifique percée que cette volonté commune !

Un seul sentiment, une seule visée formeront la trame prochaine et nouvelle de notre Histoire !

C’est pourquoi, écartons la peur, allons de suite à l’Espérance et que l’ardeur des uns et des autres dans sa conjugaison forme le levier de notre Salut commun !

Le rendez-vous est ainsi pris avec nous-mêmes !

Sachons saisir cet instant !

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

DESESPOIR – FAMOIZAM-PO

Rova (vue facade principale)
Le Rova d’Antananarivo du temps de sa splendeur comme Musée national de référence (années 1950-60) – Archives personnelles – Reproduction interdite – *** Voir P.P.S en fin d’article.

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LE DESESPOIR – FAMOIZAM-PO – SACCAGE D’UN PATRIMOINE – FANIMBANA NY HARENA

A Antananarivo et, tout particulièrement au ROVA, c’est la DESESPERANCE à marche forcée depuis deux ans maintenant…

C’était au jour de l’Ascension de l’année 2020 au mois de mai, celle de l’ascension miraculeuse de Jésus aux cieux, celle de la joie qui devait nous saisir, me saisir, que j’avais écrit la première version du présent article.

Et le 30 octobre 2020 j’apprenais avec consternation à l’unisson avec mes compatriotes l’inauguration très prochaine du « Coliseum » du Rova d’Antananarivo pour le 6 novembre 2020, et toujours à l’unisson avec tous mes compatriotes malgaches mon coeur chavirait sans jamais pouvoir se consoler par la suite puisque l’hideuse bâtisse continue de hanter la mémoire des lieux sacrés de ce Rova dans cette partie Sud précisément vouée à la sacralité du site historique.

Et ce n’est pas la pensée de Saint Benoît qui pourra en atténuer les effets, lui qui disait et avait prescrit dans ses pensées de ce jour d’ascension : « Gardes la mesure en toute chose: ni trop, ni trop peu ».

En lieu et place, je ne peux que clamer haut et fort ma désolation, ma désespérance dans toute sa dimension, celle en l’occurrence de l’ignominie d’un saccage en règle du patrimoine mémoriel le plus important, le plus symbolique et le plus cher au cœur de tout un peuple qui continue de se dérouler sous nos yeux éberlués.

J’ai nommé : le ROVA d’ANTANANARIVO.

Et vous avez osé bâtir sur le site, à deux pas du Palais Manjakamiadana, en insultant au passage la sacralité que représente la Case « Besakana » du Grand Roi Andrianampoinimerina, et face au Temple royal, un COLISEUM non seulement aux dimensions démesurées mais nommément voué, dites-vous, aux loisirs populaires ?

A peine avions-nous eu le temps d’exprimer notre profonde inquiétude, notamment depuis plusieurs années au moyen de maintes démarches ciblées auprès de hautes autorités supposément « responsables » et à travers maints articles, qu’avec la violence d’une armada destructrice pelles et autres machines infernales de bâtisseurs de chimères se sont prestement emparés des lieux sacrés de la Royauté malgache pour commettre ce qui en esprit s’apparente à un crime.

Car, n’ayons pas peur des mots, en référence aux principes normatifs désormais admis par les instances internationales idoines, celles en particulier de l’ICCROM, du Centre du Patrimoine Mondial et de l’UNESCO, toute destruction volontaire d’un patrimoine culturel et historique exceptionnel est constitutive de crime contre l’humanité.

En l’occurrence, il est vrai qu’une once de circonstance atténuante pourrait éventuellement être retenue du fait que la dénaturation, suivie d’un début de saccage des lieux, se sont succédés tout au long de la dizaine d’années durant laquelle le ROVA d’ANTANANARIVO a subi tous les outrages inimaginables.

Mais, jamais pouvait-on imaginer ce qui s’était commis et continue de se commettre actuellement… !

Or, le ROVA d’ANTANANARIVO, même s’il n’a pas encore été officiellement sacré par le Centre Mondial du Patrimoine de l’UNESCO n’est-il pas depuis quelques années inscrit sur la Liste des sites éligibles ?

Mais, là n’est pas l’essentiel. Il est dans le cœur, dans l’âme, dans la culture, dans le système de croyance de tout un peuple, toutes générations et toutes catégories sociales et confessionnelles confondues.

Un patrimoine de cette importance se mesure ici à Madagascar à l’aune du respect sacré de l’héritage issu de nos ancêtres. Le devoir de le conserver, de l’entretenir, de le valoriser est tout aussi exigeant et sacré.

Respectez leurs œuvres ! Ils sont notre patrimoine commun, et par extension celui du genre humain, car elles sont entrées dans l’Histoire partagée.

Le ROVA n’est pas seulement l’âme d’Antananarivo, il l’est de Madagascar.

En lieu et place, par sa masse hideuse digne des pires reconstitutions hollywoodiennes du plus mauvais goût, par son caractère proclamé haut et fort de lucre, ludique et festif pour attirer la populace, le Coliseum dont les contours en construction narguent déjà outrageusement le Palais de Manjakamiadana, qu’il cache d’ailleurs à la vue de tous dans le paysage, qui était prévu d’être inauguré le 26 juin 2020, jour anniversaire de l’Indépendance de Madagascar, ne l’était finalement que le 6 novembre 2020.

Il faut savoir également que ce Coliseum est construit sur ce que furent les vestiges des fondations du Palais « Masoandro » de la reine Ranavalona III, lesquelles ont donc disparues, effacées de l’histoire alors que jusque là elles étaient pieusement sauvegardées et signalées à l’attention des visiteurs du Rova d’Antananarivo !…

Or, cette date n’est pas anodine. Car, c’est dans la nuit du 5 au 6 novembre 1995, il y a donc 25 an jour pour jour, qu’eut lieu l’incendie criminel du Rova d’Antananarivo, cet acte sacrilège qui avait détruit tous les édifices de cette Acropole malgache !

Le symbole est terrible !

Cet hideux « Coliseum » ajoute donc avec une folle insolence à l’ignominie et anéantira toute l’histoire et toute la charge mémorielle des lieux.

Les hautes instances de l’UNESCO s’en étaient déjà officiellement émues dès ce mois de février 2020 au moyen d’une lettre officielle adressée par la directrice générale du Patrimoine Mondial aux hautes autorités malgaches via la Représentante permanente de Madagascar auprès de l’UNESCO.

Vous entendez la clameur de désespoir de tout un peuple, mais ferré dans vos vaines certitudes vous ne voulez en prendre garde ni lui accorder la moindre attention.

C’est donc inévitablement l’Histoire qui, tôt ou tard, jugera ! Et avec elle, les mânes des souverains des lieux !

Assurément certes, vous êtes entré dans l’Histoire…et vous en êtes convaincu avec une arrogance insupportable, mais savez-vous au moins que vous y êtes entré du mauvais côté, dans le mauvais sens et avec une suffisance, une insolence défiant tout entendement ?

Vous n’en avez cure, et il nous reste donc à en appeler au destin, car lui, demain et très vite se chargera de la Providence des malheureux que nous sommes aujourd’hui pour nous faire cheminer vers le salut.

Rova renaissant
« Le Rova renaissant », peinture allégorique d’une réhabilitation dans les règles de l’Art souhaitée. Huile sur toile – Jipiera – Reproduction interdite –

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Pour ma part, celle de ma mère qui a fait de ce lieu une enceinte muséale de référence et unique en son genre à Madagascar, celle de mes proches aussi, ayant résidé près de dix ans les lieux au Palais « Tranovola » durant l’époque de la splendeur du Rova d’Antananarivo en tant que musée national de référence, y compris mondialement, en connaissant tous les recoins et s’étant imprégné de leur esprit, j’ai un sentiment de viol

La chair est meurtrie autant que l’âme est blessée au plus profond.

Et ça, c’est pour la vie, car je ne vois pas comment demain ou après-demain une réparation est possible, le mal ici étant coulé dans le béton.

Jean-Pierre Razafy-Andriamhaingo

* NOTA :

Sur ce même site, j’ai relaté en une série d’articles intitulée « Le Rova d’Antananarivo » l’histoire de cette citée royale ainsi que les reliques qui y étaient exposées durant les années de splendeur de ce musée, avant que survienne l’incendie criminel de novembre 1995.

Cette série d’article reprend pour l’essentiel les bonnes feuilles du livre de ma très regrettée mère, premier conservateur en chef de ce Musée du Rova d’Antananarivo de 1946 à 1961. Ancienne Chargée de Mission auprès du Conservateur en chef du Musée de Versailles et des Trianons de 1943 à 1946, c’est elle qui fit ce Musée du Rova d’Antananarivo, dont la splendeur était louée par tous ses visiteurs, y compris les plus célèbres d’entre eux, comme le Général de Gaulle, l’Aga Khan, le Sultan du Maroc Mohammed V, François Mitterrand ou la Princesse Anne du Royaume-Uni.

Livre Rova 2Livre Rova

** POST-SCRIPTUM (22/5/2020):

Certains commentateurs-censeurs – très peu nombreux, heureusement -, nécessairement mieux avisés et documentés que d’autres, n’est-ce pas, se pavanent avec suffisance et prétention en pointant du doigt celles et ceux qui, paraît-il, se contenteraient d’exprimer leur émotion devant cette ignominie. Et ils se posent la question de savoir qu’ont-elles, qu’ont-ils, fait pour empêcher cela et que comptent-elles, que comptent-ils, faire pour y remédier ?

Mesdames et Messieurs les commentateurs-censeurs, avec votre intellectualisme mal digéré, allez farfouiller ailleurs et laissez les gens de bien et de coeur s’exprimer !

Qu’ils sachent tout simplement, pour ce qui me concerne personnellement, combien de façon constante depuis plusieurs années – alors qu’en ces temps-là où étaient-ils ces commentateurs-censeurs ? …- j’avais agi avec constance même en solo puisque personne – surtout pas eux – n’était en position ni en volonté de relayer mes actions…

Allez ! Passez votre chemin…!

*** P.P.S :

Je dois déplorer que certaines personnes et organisations – dont je n’aurai pas la désobligeance de douter du sérieux – ne s’embarrassent d’aucun scrupule pour « piquer » cette photographie qui fait partie de mes archives personnelles (comme expressément indiqué) pour illustrer leurs propos, en particulier sur Facebook, sans aucunement mentionner leur source. Une telle pratique, bien trop répandue, mérite sanction.

PANDEMIE COVID-19 ET BONNE GOUVERNANCE

Manampisoa
« Manampisoa » – « Surcroît de Bien » – aquarelle – Jipiera – Reproduction interdite –

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La très grave crise engendrée par la pandémie du Covid-19 ébranle dans ses fondements mêmes le fonctionnement de nos sociétés bâties sur certains acquis dont le caractère obsolète et inadapté saute aux yeux.

Parmi ceux-ci relevons principalement:

1. la conception même d’une économie dont le moteur ne fonctionnerait que par la libre concurrence et le profit, avec sa logique systémique financière et comptable à laquelle la dimension sociale, humaine et environnementale doivent seulement se greffer ;

2. une gouvernance subséquente marquée par un fractionnement structurel de l’Etat, une privatisation accrue et incontrôlée accompagnée d’un démantèlement des services publics au nombre desquels le système de santé, hospitalier, des services sociaux, et de l’introduction généralisée de la notion de rentabilité financière ;

3. un appauvrissement idéologique et de la pensée au profit des techniques de gestion comptable et d’efficience à court terme, y compris dans le débat politique et dans les réflexions qui se trouvent bridées par des considérations pratiques.

Nous n’allons pas théoriser sur ces différents points, qu’il faudra pourtant absolument solutionner dans le sens du changement et de l’innovation en replaçant l’Homme au centre de la réflexion et de l’action.

Par contre, à ce stade posons le plus clairement possible et de façon concise les exigences de cette Centralité de l’Homme afin d’éviter les écueils et dégager des pistes d’action pour une Bonne Gouvernance active.

Car, en ligne de mire, que beaucoup trop de nos dirigeants ne parviennent pas à voir tant leur regard est rivé sur l’immédiat, se profile nettement une déshumanisation galopante.

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HARO SUR LE MALTHUSIANISME ET SES DECLINAISONS

On a vu et entendu certains « grands » journalistes, commentateurs ou même scientifiques et jusqu’à la Présidente actuelle de la Commission européenne, ce avec des formules plus ou moins explicites, prôner avec suffisance et conviction, soit la mise au ban, soit le confinement sélectif plus ou moins perpétuel, soif même une forme d’euthanasie d’une classe désignée comme étant improductif ou comme un poids insupportable que sont les « vieux »…

Quelle que soit leur formulation plus ou moins « nuancée », et au-delà du caractère plus que scandaleux de tels propos et considérations, surtout venant de personnes détenant des charges publiques ou un rôle d' »influenceurs » d’opinion et/ou de lobby, ils révèlent par inadvertance coupable ou par imprégnation idéologique – ce qui est plus grave – une résurgence de la vieille théorie de Malthus appliquée à un grave questionnement éminemment social et politique qui concerne la gouvernance publique elle-même au sens plein du terme.

La contrainte morale ainsi imposée et qui implique l’adoption de solutions visant, au mieux (!) à stigmatiser une couche de la population, mais avec pour conséquence fortement souhaitée (!) qu’elle disparaisse, suggérant que les « vieux » mourront ainsi de leur belle mort, nous font revenir à de douloureux souvenirs d’une époque de souffrances sociales de la fin du XVIIIème/début XIXème siècles pendant lesquels la « révolution industrielle » commençait à broyer les hommes et les femmes au profit de la rentabilité économique, mais aussi à ces cohortes d’inhumanité du XXème siècle vécues par les victimes des internements, ségrégations, campements et autres formules concentrationnaires ou de mises à l’écart de la société.

Que celles et ceux qui osent proposer de telles inepties se reprennent, mais certes nous leur accordons la présomption d’innocence, le bénéfice du doute ou l’inconscience momentanée…

Les « vieux » ne sont pas par définition des « personnes à risques »; les scientifiques auto-patentés qui, à l’instar de gestionnaires épris d’efficacité comptable ou financière ne regardent qu’avec des yeux suffisants les statistiques et autres courbes mathématiques, feraient mieux de creuser davantage leurs méninges pour mieux analyser la réalité des situations avant de conclure péremptoirement à une stigmatisation en tout état de cause condamnable.

Rappelons aussi que c’est par imprégnation – même édulcorée – de la vision malthusienne, traduite de façon « moderne » dans le système ultra-libéral de l’organisation sociale anglo-saxonne qu’aux Etats-unis et au Royaume-Uni le système de la santé publique est si pauvre et sélectif. Et malheureusement, alors même qu’il était si performant et servi en modèle, le système français de la santé publique s’en est peu à peu inspiré pour des objectifs de rentabilité financière, jusqu’à révéler aujourd’hui, à l’occasion de la crise du Covid-19 avec sa cohorte mortuaire, l’absolue nécessité de le remodeler comme avant.

MENACES CONTRE LES LIBERTES ? ATTENTION A LA CRIMINALISATION ET A LA DESHUMANISATION GALOPANTE

En filigrane de ces considérations idéologiques appliquées à une catégorie de citoyens, auxquelles précisément s’ajoute la place même dudit citoyen dans la société, on doit aussi se poser la question fondamentale : quid de la liberté civile ?

Car, demandons-nous jusqu’à quel point, pour les nécessités et exigences de la lutte contre la pandémie et pour la santé publique, les mesures prises par les autorités publiques sont-elles légales – au sens de la norme juridique et non de la simple forme législative – et légitimes ?

Il nous faut donc, ici aussi, revenir à des notions fondamentales.

La liberté civile se distingue des libertés publiques et des libertés individuelles.

Or, les mesures prônées ou adoptées pour lutter contre la très grave pandémie du covid-19 peuvent empiéter, déborder, contourner, suspendre voire même supprimer chacune ou l’une de ces libertés, plus ou moins temporairement, plus ou moins partout sur un territoire donné.

La vigilance est donc de mise et tant chaque citoyen que les instances publiques et non-gouvernementales doivent, chacune et chacun dans leur rôle propre, l’exercer et pouvoir le faire à tout moment et partout pour pouvoir agir/réagir à tout moment et à bon escient, ce pour le bien public et au nom du Droit.

Pour cela, on se rappellera que:

. la liberté civile consiste à pouvoir faire – ou ne pas faire – tout ce qui n’est pas défendu ou limité par la loi ou le règlement. L’Habeas Corpus en est l’expression primaire. C’est la prérogative même, inconditionnée et de libre exercice, dont jouit l’individu et le citoyen libre;

. les libertés publiques sont celles reconnues à l’Homme – sans distinction entre homme et femme…cela va sans le dire…! – , telles qu’elles sont reconnues et définies dans les textes juridiques, mais aussi, dans un sens plus large, celles qui sont considérées comme étant intrinsèques ou inhérentes à la nature humaine (désignées plus spécifiquement « droits de l’Homme » ou droits humains »);

. les libertés individuelles font partie des libertés publiques, au même titre que le sont les libertés politiques ou les droits sociaux et économiques.

Ici, sans aller plus loin dans ce débat fondamental mais afin de poser de solides balises, tant pour le législateur que pour le gouvernant, il faudra mieux encore qu’hier et qu’aujourd’hui en temps normal, exercer une vigilance accrue contre la tentation, au nom trop facile de l’ordre public, d’inventer des lois et règlements qui aboutissent à criminaliser le citoyen. Car, devant des nécessités qui ne sont pas toujours maîtrisées la tentation est trop grande d’édicter des règles d’ordre public ou de mettre en oeuvre des dispositifs, même provisoires, clairement attentatoire à la liberté civile, laquelle doit pourtant constituer une règle absolue.

Dans le cas contraire, c’est la porte ouverte à la criminalisation du citoyen et, par extension, de la société entière. Ce qui, de proche en proche risque sérieusement de se produire, surtout quand une décision d’ordre politique se prend au seul vu de données statistiques et d’indicateurs mathématiques, comme c’est le cas concernant ce « fameux » traçage des citoyens pour, paraît-il, mieux pister les malades du Coronavirus et prévenir sa propagation. On va, pour cela, jusqu’à créer des brigades de détecteurs qui iront faire la traque desdits citoyens suspects, virtuellement criminalisés et finalement mis en isolement ! C’est ni plus ni moins du néo-nazisme…

Au fond, ce qui se profile c’est une société où la norme comportementale sera la règle, avec ses exigences règlementaires et son système de sanctions. A cet égard, on ferait bien d’observer ce qui s’est mis en place en Chine où, historiquement une certaine interprétation de la branche légaliste du confucianisme nourrie très opportunément la pratique chinoise du communisme. Et, on observera que l’outil informatique est devenu l’instrument privilégié d’un système qui broie et soumet le citoyen à un niveau tel d’aliénation qu’il n’a plus aucune possibilité, sauf à être incriminé des pires qualifications pénales, penser ni se mouvoir librement…

Est-ce cette perspective qu’on veut ?…

Il est de fait que le « tout informatique » renvoie systématiquement le citoyen aux algorithmes informatiques et le rend aliéné mentalement, psychologiquement, matériellement et économiquement puisque de proche en proche il n’est plus possible de s’en passer pour agir et vivre.

La déshumanisation est ainsi dans une marche galopante dont on n’est plus conscient à force de se soumettre à une forme de diktat informatique, qu’il suffirait pourtant de mieux contrôler et de l’assigner à son rôle premier : aide à la décision et à l’action, et non pas le contraire…!

En tout cas, et sur tous ces sujets, le malheur est qu’on est en présence, non de responsables politiques et de gouvernants mais de simples gestionnaires se contentant de suivre une logique systémique et,au mieux, inconscients des implications et conséquences de leur suffisance.

C’est très grave ! Et il faut se ressaisir absolument !

C’est donc étant armé des notions rappelées ci-dessus qu’en tant que citoyen il nous faut évaluer le degré éventuel de dangerosité des mesures prises ou à prendre par les autorités publiques dans la lutte actuelle contre la pandémie du covid-19.

Montagnes ensoleillées
« Soleil sur les montagnes », aquarelle – Jipiera – Reproduction interdite –

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RÔLE DU SCIENTIFIQUE DANS LA GOUVERNANCE – SALUT PUBLIC POUR UNE SOCIETE NOUVELLE ET UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL –

L’analogie faite par le Président de la République française quant au caractère de la lutte actuelle contre le Covid-19 à une guerre peut surprendre, mais elle est totalement fondée.

Tout d’abord, parce qu’il s’agit d’une attaque généralisée et frontale contre l’intégrité physique d’une nation entière, et précisément parce qu’elle n’a pas d’identité déclarée, est invisible mais reconnue dans sa nature, individualisée dans sa dangerosité et matérialisée dans son ampleur, la mobilisation générale se devait d’être décrétée, raison pour laquelle subséquemment tous les moyens se devaient d’être mis en oeuvre, civils comme militaires, dans une coordination nécessaire selon une stratégie précise.

Assurément, la permanence des références gaullistes et gaulliennes aide aux prises de décisions et directions d’actions.

Les termes étant ainsi posés, ici comme ailleurs chaque sphère dans cette structure organique doit tenir son rôle dédié, ce sans empiètement. Car, il s’agit d’assurer à la chaîne de commandement son efficacité maximale.

Comme en temps de guerre, la tête du commandement suprême se doit de s’entourer, en plus de son propre état-major, d’un Conseil structuré qui, en l’occurrence, est constitué par le Conseil scientifique composé en particulier des différents professionnels de santé. Mais pas que…Car, le scientisme ne doit pas se concevoir, en l’occurrence, de façon exclusive autour des seules compétences médicales ou para-médicales mais doit inclure ce qui est convenu d’appeler les sciences humaines, les sciences de la Terre et, surtout, l’Ethique qui est une discipline à part entière qu’il convient de privilégier.

Ajoutons que face au Covid-19 la science elle-même est encore dans la phase de recherche. Il s’en déduit que quand certains scientifiques se répandent dans les médias pour dire leurs « vérités », trop souvent dans la plus grande confusion d’une compétition – quelques fois malsaine – entre eux, on est en droit et en légitimité d’exiger d’eux de se taire et de se concentrer sur leurs propres travaux, ne serait-ce que pour qu’ils se conforment à leur propre déontologie.

Autre écueil : voici que les statistiques s’imposent dans certaines conclusions médicales, comme en science économique et en politique économique persistent à s’imposer et à se répandre l’économétrie et la modélisation envahissantes, pour répandre des vérités qui, demain, seront démenties par d’autres faits, analyses et découvertes…Le « tout technologique » donne à l’ensemble un visage et l’apparence de la sophistication pour endormir l’esprit critique. Là aussi, que ces « scientifiques » et autres technologues auto-patentés se taisent et apprennent les vertus de la modestie afin d’éviter qu’ils répandent des vérités versatiles et pourtant bien trop subversives à force de martèlement…

Il s’agit pour les responsables politiques, ici comme ailleurs pour résoudre les problèmes dans leur acuité et relever les défis dans leur interconnexion, d’exercer avec autant d’acuité leur pouvoir d’appréciation, de savoir faire la part des choses et d’avoir une vision et une stratégie d’action holistiques.

Si au cas présent de cette pandémie ledit Conseil scientifique est la tête chercheuse et pensante du système, le pouvoir décisionnel, éclairé par ledit Conseil mais aussi par d’autres instances, appartient au commandant suprême, en l’occurrence ici au Président de la République.

Il en est ainsi et doit le demeurer. Parce que c’est à lui de décider à la fois en opportunité en prenant en compte les différents paramètres non-exclusivement scientifiques, et parce qu’il est de sa haute responsabilité e tenir étroitement compte des différentes dimensions d’une vie et existence nationales, notamment celles évoquées plus haut dans cet exposé.

C’est pourquoi également, il est sans doute dans le bon ordre des choses, et se plaçant dans l’exigence d’une Bonne gouvernance responsable, que dans un esprit de Salut public le Président de la République décide de la formation d’un gouvernement de cette nature.

Car, il s’agit que la mobilisation générale prônée ait un visage identifié.

Il ne peut s’agir d’un simple gouvernement dite d' »union nationale » qui consisterait en une sorte d’auberge espagnole où cohabiteraient dans un désordre hétéroclite diverses formations politiques qui aurait pour résultat d’introduire au sommet de l’Etat des chamailleries interminables.

Il s’agit au contraire d’appeler des hommes et des femmes représentatifs de l’engagement plein et entier d’une nation soudée autour d’un impératif commun: vaincre l’ennemi d’aujourd’hui pour reconstruire demain autour d’une seule considération, celle d’une Société Nouvelle plus humaine et fraternelle !

En d’autres termes, il faudra aller à la source d’un nouveau pacte républicain qui puisse se traduire par un nouveau contrat social, valeur d’action dans laquelle se retrouvera unie et mobilisée la nation entière.

Pour cela, l’Etat doit reconquérir ses prérogatives premières, c’est à dire : prioritairement reconstituer et revitaliser les services publics, au premier rang desquels le système hospitalier et de santé qui depuis trop longtemps a été illégitimement démantelé (introduction de la gestion privée des établissements hospitaliers, tarification des actes médicaux à l’acte, démaillage des implantations médicales dans les territoires, etc…); rétablir les secteurs d’économie mixte pour assurer la permanence de la production et de la disponibilité de produits de première nécessité; etc…

EN GUISE DE CONCLUSION: A LA RECHERCHE DE L’HOMME OU DE LA FEMME DE LA SITUATION ET DU SALUT – LE CONSEIL NATIONAL DU SALUT PUBLIC (CNSP)

Selon le dicton, « les circonstances font les hommes…et,à situation exceptionnelle, homme exceptionnel » – la formule, cela va de soi, s’applique bien entendu indistinctement au genre masculin comme au genre féminin ! -.

Nul n’en doute, en tout cas nous en sommes pleinement convaincu, la situation actuelle, dont les effets, conséquences et relents s’étendront sur le long terme, réclame et commande qu’hommes et femmes à la conscience aiguisée sur l’ensemble des nécessités évoquées ci-dessus, émergent et s’imposent.

Car, il faut non seulement mettre un terme aux recettes à la petite considération matérialiste d’hier et d’aujourd’hui dans la direction des affaires publiques, mais laisser d’urgence et résolument place, non à des « leaders » illuminés mais à de hautes consciences responsables mues par un sens humain véritable.

S’agissant spécifiquement de la France, et pour rester dans l’époque contemporaine, durant les deux conflagrations guerrières de la première et de la seconde guerres mondiales, Clemenceau « le Républicain exigeant » et de Gaulle « le Héraut du Salut » surent chacun en son temps incarner le sursaut et l’Espérance recherchés…

Aujourd’hui et très prochainement, qui seront l’homme et/ou la femme qui incarneront notre quête ?

Mais, ce n’est pas tout. Car, un seul homme, une seule femme ne suffisent pas à redresser une situation aussi bouleversante que celle provoquée par les secousses déstructurantes de la pandémie du Covid-19.

Comme ce fut le cas lors de la Résistance et des promesses de la France Libre durant la seconde guerre mondiale, il faudra certainement s’inspirer des principes développés au sein du Conseil National de la Résistance, le fameux CNR qui avait su poser les bases de la Reconstruction dans un esprit de Salut Public mais avec les projections nécessaires aptes à baliser la voie du Renouveau.

Bref, formuler le nouveau pacte social et républicain pour ranger dans les oubliettes de l’Histoire les erreurs du passé et sonner l’heure de l’Espoir.

Il faudra donc mettre en place un Conseil National du Salut Public – CNSP – concomitamment à l’émergence de l’homme ou de la femme de la situation et du salut.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

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REPRODUCTION INTERDITE DES TEXTES ET ILLUSTRATIONS
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XVème INVITE DE LABODIPLO: Ferréol DELMAS, « Chrétien et écologiste ? »

Bal des baleinaux
« Bal des baleinaux », pastel sec – Jipiera – (Reproduction interdite )

LABODIPLO est heureux d’inaugurer la Nouvelle Année 2020 par la récurrente question écologique avec un jeune universitaire engagé en politique et dont, précisément, le devenir et l’avenir en dépendent.

Il s’agit de Ferréol Delmas, qui est par ailleurs chroniqueur dans le Journal « Marianne » et directeur du Laboratoire d’idées « Ecologie responsable ». Son article – qui suit – tombe à bon propos, non seulement parce qu’il est représentatif de ces jeunes pleinement conscients de l’acuité et de l’urgence de la question écologique, mais aussi parce que sa foi catholique l’engage davantage à appeler à un engagement pleinement responsable à « sauver la maison commune » ainsi que le préconise le pape François dans sa lettre encyclique « Laudato Si' » (pour sa part, Labodiplo y avait consacré un article intitulé « Sauver la maison commune » le 11/7/2015).

Ferréol Delmas, à vous la parole !

CHRETIEN ET ECOLOGISTE ?

Alors que le pape venait récemment de terminer son tour du Japon, prêchant une vision écologiste pour l’Eglise, il est intéressant de revenir sur le rapport entre christianisme et écologie. Ainsi, en 2015, le pape François publiait son encyclique Laudato si’ dont le sous -titre était « sur la sauvegarde de la maison commune ». Elle était consacrée aux questions environnementales et sociales, à l’écologie intégrale, et de façon générale à la sauvegarde de la Création, dénonçant la dégradation environnementale et le réchauffement climatique. Il est, en effet, intéressant, alors que le synode sur l’Amazonie vient de s’achever, de constater un véritable engouement des chrétiens pour ces questions tellement cruciales pour les décennies et siècles à venir.

UN APPEL A « UNE CONVERSION ECOLOGIQUE »

Si le synode, c’est à dire, en l’espèce, la réunion des évêques et dignitaires ecclésiastiques de l’Amazonie devait régler des questions régionales, la présence du pape et la prédominance du sujet écologique est la trace d’un véritable appel « à une conversion écologique » des chrétiens. En effet, les pères synodaux ont lancé un appel pressant à ce que l’Église, avec sa voix d’autorité dans les domaines moraux et spirituels, protège toujours la Création : « Oui à une conversion écologique centrée sur la responsabilité et sur une écologie intégrale qui place au centre avant tout la dignité humaine, trop souvent piétinée » peut-on ainsi lire dans Vatican News, l’organe de presse officiel du Saint-Siège.

Le pape appelle à un changement des mentalités sur l’écologie. Plus que des petites mesures isolées, ou des variations à la marge des budgets nationaux comme c’est le cas en France, il souhaite que l’environnement soit au cœur des vies, fondant son approche sur le message christique. Fidèle de Saint François d’Assise, il prône cette fameuse « écologie intégrale » qui permet « d’éliminer les causes structurelles des dysfonctionnements de l’économie mondiale et à corriger les modèles de croissance qui semblent incapables de garantir le respect de l’environnement ». Le pape place ainsi une limite au modèle actuel mettant en cause le gaspillage des ressources de la Création proposant de ne pas se contenter seulement de solutions techniques (qui ne s’attaqueraient qu’aux symptômes), mais souhaite un véritable changement de l’Homme.

Le choix de l’Amazonie, poumon vert du monde, est aussi le signe d’une prise en considération des héritages et des traditions. Quel endroit est-il mieux préservé par l’enlaidissement du monde ? Et si l’écologie prônée par le pape François n’était pas aussi un appel à l’enracinement ?

A L’ECOLE DE SAINT FRANCOIS D’ASSISE

Le saint patron de l’écologie, depuis le 29 novembre 1979 et la « bulle spéciale » du pape Jean-Paul II est considéré comme le premier des « écolos », sa pensée étant au XXIème siècle, une grande source de réflexion. Comme le rappelle Aleteia « ce petit homme insignifiant, qui n’a jamais mis les pieds dans une université » refusait de couper un arbre, si cela n’était pas absolument nécessaire.

Il plongeait les mains dans l’eau claire, qu’il buvait au creux de ses mains, louant le créateur de l’avoir faite « utile, précieuse et chaste ». Ce saint a une parole criante d’actualité mais aussi d’apaisement. Face aux oiseaux de mauvaise augure qui s’agitent autour du fin du monde, ses écrits sont d’une profonde sérénité. Les changements de paradigmes contraints ne sont jamais efficaces, préférons alors une écologie positive fondée sur les énergies individuelles.

QUELLE ECOLOGIE POUR AUJOURD’HUI ?

Écho au synode, la question écologique a été abordé à Lourdes début décembre 2019, par la Conférence des évêques de France, qui proposait de développer le label « Église verte » qui entend encourager, chez les acteurs chrétiens, une véritable conversion écologique et qui concrètement, propose des formations et une aide logistique. Au-delà du travail de l’Église, il est urgent de repenser notre vision de l’écologie, loin des poncifs des « spécialistes » qui ne proposent que des solutions en carton-pâte et de belles manifestations sans lendemain. Des propositions très concrètes doivent émerger (cf. mon dernier article expliquant les propositions « d’Écologie responsable » pour une alimentation saine et variée).

Les exemples en matière d’écologie enracinée sont nombreux : l’association « Eden Ecologie » cherche à développer des circuits courts localement afin de diminuer les dépenses énergétiques, à défendre les traditions de production et d’élevage qui respectent la vie animale et présente une véritable charte des actions concrètes à mettre en œuvre localement. Cette organisation forme aussi « des scouts de l’écologie concrète » grâce à une école de vacances chargée de transmettre un savoir-faire, l’écologie étant selon « Eden Ecologie » une pédagogie.

Ce travail passe, enfin, par un profond labeur intellectuel à l’instar de la revue Limite qui œuvre pour une écologie fondée sur la « sobriété, la relocalisation, la convivialité et la fraternité » voulant dépasser l’écologie des bonnes intentions.

« Le monde est plus qu’un problème à résoudre, il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange » a dit le Pape François lors de ce synode. Plus qu’un déclin de la civilisation, l’écologie est un retour aux sources.

Un retour joyeux.

Ferréol Delmas

FONDATION CHARLES DE GAULLE, PHILOSOPHIE D’ACTION ET RAYONNEMENT INTERNATIONAL

Fondation CDG
Photos tirées du Rapport d’activité 2018 de la Fondation Charles de Gaulle
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L’HERITAGE GAULLISTE ET GAULLIEN A TRAVERS LA FONDATION CHARLES DE GAULLE

PHILOSOPHIE D’ACTION ET RAYONNEMENT INTERNATIONAL

Le 9 novembre 1970 au soir, Charles de Gaulle s’adonne à son jeu de carte préféré, la réussite en solitaire, comme il le dit avec humour:  « mon activité d’oisiveté préférée »…Soudainement, il est saisi d’un mal de dos qui le terrasse: rupture d’anévrisme. Son épouse, à ses côtés en train d’écrire, vient immédiatement à son secours, mais il est trop tard. Effondré sur son fauteuil, le Général est mort. Son fils, arrivé prestement au domicile paternel, est accompagné du prêtre de la famille qui donne au Général les derniers sacrements.

Le lendemain matin, dans une courte allocution télévisée, le Président de la République française, Georges Pompidou déclare les larmes aux yeux et la gorge nouée d’une vive émotion:

« Le Général de Gaulle est mort, la France est veuve » !

Le Général de Gaulle ne voulait pas de funérailles nationales selon ses dernières volontés. Néanmoins, une messe solennelle est célébrée le 12 novembre 1970 en la Cathédrale Notre-Dame de Paris avec la présence de tous les chefs d’Etat du monde entier. Et c’est surtout, le même jour, à Colombey-les-Deux-Eglises que les Français, certains par leur présence physique et l’unanimité d’entre eux par leurs pensées unanimes, accompagnent le corps du Général, recouvert du drapeau tricolore et posé sur un simple véhicule militaire, jusqu’à l’Eglise pour ensuite reposer dans le tombeau familial auprès de sa fille Anne.

L’émotion est à son comble. La foule des anonymes pleure, silencieuse, les regards figés et rivés sur l »infini…J’en faisais partie.

Aujourd’hui, et pour toujours, la mémoire, le souvenir et les enseignements du grand homme demeurent.

De fait :

« Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard source d’ardeurs nouvelles après que j’aurai disparu », disait-il.

« En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l’homme. C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer », disait-il aussi.

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Buste du Général de Gaulle dans son ancien bureau du 5, rue de Solférino, siège de la Fondation Charles de Gaulle. L’horloge indique l’heure à laquelle le 9 novembre 1970 le Général est décédé à son domicile de La Boisserie à Colombey-les-deux-Eglises.
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Ces deux citations si caractéristiques du fond de la pensée du Général de Gaulle traverse les frontières mais également les temps à partir d’un passé glorieux pour nourrir les temps présents et atteindre les temps futurs.

A ce titre, 2020 avait constitué une année mémorielle de référence que la Fondation Charles de Gaulle avait préparé activement avec, à la clé, une série de manifestations, notamment en concertation avec les plus hautes autorités de l’Etat.

Cette année de référence mémorielle 2020 correspondait au 80ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940, au 50ème anniversaire de la disparition du Général de Gaulle et au 130ème anniversaire de sa naissance.

La Fondation Charles de Gaulle, créée en 1971 d’abord sous la forme d’un Institut puis sous celle d’une Fondation reconnue d’utilité publique en 1992, se consacre au service, selon ses vœux, de la mémoire du Général de Gaulle et de la transmission de son héritage intellectuel, conceptuel et culturel en France et dans le monde.

Car, le message gaullien, qui s’inscrit de façon permanente dans les actes fondateurs et visionnaires de Charles de Gaulle dont tout le monde se souvient, s’ancre dans ses écrits, ses initiatives et actions, sa vision globalisante qui sont reconnus dans une véritable philosophie d’action éprouvée par le temps, adaptée aux réalités d’aujourd’hui et de demain, et inspirante pour les générations présente et à venir.

C’est cette dimension aussi pénétrante que dynamique qui retient tout particulièrement notre attention en ces temps où l’imperium technologique tend à faire perdre aux valeurs leur substance et à l’homme ses repères. En ces temps où les oublis de l’histoire font prendre trop souvent des tours incertains et dangereux aux actions publiques de certains hauts responsables politiques, partout dans ce bas monde…

Or,

. le développement des individus, tout comme leur épanouissement et le respect de la dignité de chacun dans sa personnalité doit être au cœur des considérations ;

. les entreprises et les acteurs économiques et sociaux ont besoin de référencements pour pouvoir et savoir se projeter sur le long-terme, ce dans un esprit de participation – notion centrale dans la conception gaullienne de l’ambition entrepreunariale – et de capacité de mobilisation des énergies ;

. la notion de bonne gouvernance, cet art et cette philosophie d’action au service de l’intérêt commun qui conjugue maîtrise de la chaîne de commandement, vision stratégique et bonne articulation organique, se doit d’être une préoccupation permanente ;

. si de tout temps, avec des variantes conjoncturelles, le rayonnement international de la France est une réalité à entretenir et à nourrir en permanence avec les exigences morales et éthiques qu’elle commande, la réflexion et la pratique afférentes doivent s’articuler en permanence autour des thématiques axées sur la capacité à agir dans l’indépendance, la considération exigeante qui consiste à placer l’homme au centre de tout – la centralité de l’Homme qui est aussi la pierre angulaire de l’action extérieure du Saint-Siège -, la capacité à engager et à entretenir le dialogue entre les peuples, la recherche de la meilleure forme de coopération, ce dans l’optique de la Paix et de l’équilibre géostratégique et géopolitique.

Voilà pourquoi, la Fondation Charles de Gaulle va au-delà du seul service de la mémoire du Général de Gaulle pour développer ses actions dans la recherche universitaire et la réflexion politique, dans les activités pédagogiques et numériques, dans la transmission vers le grand public (dans ce domaine, le rôle de la revue « Espoir » est fondamental), et dans le soutien au rayonnement international de la France.

C’est dire aussi que l’enseignement de la pensée et de l’action du Général de Gaulle, tout comme l’inspiration qu’elles suscitent dépassent les frontières et il ne tient qu’aux dirigeants de bonne volonté, où que ce soit dans ce monde, d’en prendre de la graine (il est à souligner que le Président Nixon, en son temps, trouvait quelque inspiration dans les actes du Général de Gaulle dans propre vision internationale.. .).

A cet égard, les références gaulliennes et gaullistes sont assurément d’une actualité permanente en matière de bonne gouvernance publique, en particulier en ces temps de crise majeure où les perspectives pour le présent et pour l’avenir doivent s’ouvrir en profondeur et pour un horizon certain.

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2016. Lors de la réunion de la Convention de la Fondation Charles de Gaulle aux Invalides
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Pour ma part, à mon petit niveau et en tant que membre de cette honorable Fondation Charles de Gaulle, c’est ce à quoi depuis longtemps je m’y consacre à ma façon, car rien n’est plus frustratoire, négatif et improductif que de river sa vision dans les limites étroites de considérations égocentriques, identitaires, catégorielles, communautaristes et nationalistes, ce qui n’exclue nullement – au contraire – un travail sur soi et un patriotisme pleinement vécu qui se nourrissent, eux, de l’amour des siens, de l’altérité vraie,  pour le bien de tous.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

REGLES JURIDIQUES ET ARTS MARTIAUX ( 1ère partie)

                               REGLES JURIDIQUES ET ARTS MARTIAUX – 1ère partie –

La pratique des arts martiaux, au-delà des règles de conduite qui ont valeur de charte propre à chacune des disciplines martiales, doit obéir à la règle de Droit.

Pour évident que soit ce rappel, encore faut-il connaître ces règles – or, selon l’adage: « nul n’est censé ignorer la loi » ! – , et au surplus bien en mesurer leur substance au risque d’être dans le vide.

Ceci n’est pas un cours de Droit et toutes les situations ne sont pas exhaustivement évoquées – loin de là – ; il s’agit tout simplement d’évoquer certaines situations concrètes qui peuvent poser question, pour mieux comprendre la portée de certaines notions.

Ainsi en est-il de ce qui suit :

JURIS…PRUDENCE

Sublime repas

« Après un bon repas » – Pastel – JPRA – Reproduction interdite –


LES FEDERATIONS, DELEGATAIRES DE PUISSANCE PUBLIQUE.

C’est ici un rappel, mais la notion n’est pas toujours bien acquise.

Les fédérations sportives – et, sous leur tutelle, les ligues qui leur sont affiliées – étant délégataires de puissance publique, cela signifie qu’elles ont une habilitation générale, des prérogatives de puissance publique, pour régir les conditions organisationnelles et déontologiques de pratique de la ou des disciplines pour lesquelles elles ont, respectivement, reçu délégation de la part de l’Etat (par le truchement du ministère compétent).

Il en résulte que la légalité des actes ou décisions desdites fédérations et/ou ligues est de la compétence exclusive des tribunaux administratifs et, au sommet de la hiérarchie, successivement des Cours d’Appel administratives et du Conseil d’Etat.

QUID DE L’ALCOOL ?

Un Etablissement d’enseignement ou de pratique de la culture physique, de sport ou d’arts martiaux est juridiquement considéré comme un Etablissement de formation ou de loisirs de la Jeunesse au sens de l’article L. 49-4 du code des débits de boissons, ce même s’il est ouvert indifféremment à des mineurs et à des adultes.

C’est ce qui ressort d’une jurisprudence bien établie de la Cour de Cassation (notamment : Aff. Bonal, arrêt de la Chambre criminelle du 20 juin 1973).

Moralité, et pour s’épargner toute interprétation toujours difficile à déterminer, surtout en cas  d’intervention de faits ayant provoqué des préjudices matériels ou corporels : mieux vaut éviter, même pour fêter ou sabler un succès, toute boisson alcoolisée dans l’enceinte même des lieux d’entraînement, de formation, de stage ou de démonstration…ce qui n’interdit pas d’aller au bistro d’à-côté ou de se « replier » dans un espace dédié aux réunions mais hors de l’enceinte desdits lieux d’entraînement, de formation, de stage ou de démonstration !…

-Mon katana et ses pommes 2

« Mon Katana et ses trois pommes », Pastel – JPRA – Reproduction interdite –


AÏKIDOKAS, KARATEKAS, JUDOKAS, ET AUTRES PRATIQUANTS D’ARTS MARTIAUX : DES « ARTISTES DE SPECTACLES » ?

Galas et autres démonstrations sont le lot commun des pratiquants d’arts martiaux, qu’ils se déroulent au sein des clubs ou dans d’autres lieux.

Pour le temps de ces évènements nécessairement ponctuels, ces pratiquants doivent-ils être considérés comme des artistes de spectacle, avec toutes les conséquences de droit, et les organisateurs – clubs, fédérations ou autres – comme des entrepreneurs de spectacles ?

La double question est difficile à trancher. Voici pourquoi.

La Cour d’appel de Paris (Aff. Association des catcheurs professionnels, arrêt du 28 mars 1980) avait eu à considérer que dès lors que dans un gala à entrée payante le but recherché est le divertissement des spectateurs par la mise en scène d’un combat plus ou moins agencé à l’avance, il y a pur spectacle et les participants sont considérés comme des artistes de spectacle et les organisateurs des entrepreneurs de spectacle.

On saisit bien la difficulté d’une nette distinction entre un gala de type « catcheurs » et un gala de type sportif et martial, car dans ce genre de manifestation sport et spectacle se rejoignent au moins sur un point : il y a du spectacle et les entrées sont payantes.

Mais – et le « mais », doit être souligné ! – , les galas de type sportif ou martial n’ont pas pour but premier le divertissement mais bien la promotion d’une discipline, et qu’à cet égard, par le caractère éducatif, et pourquoi pas culturel de la manifestation – cas des arts martiaux, surtout pour une discipline telle que l’Aïkido ou le Iaïdo – , ces galas ou démonstrations ne sauraient être considérés comme des entreprises de spectacle et les participants des « artistes de spectacles ».

La question est difficile à trancher définitivement, surtout qu’ici comme ailleurs en matière d’évaluation jurisprudentielle, les situations ne sont jamais figées…

Surtout que l’administration fiscale et les organismes sociaux, eux, peuvent être tentés d’avoir une autre interprétation en s’attachant davantage aux aspects financiers de la manifestation et au fait qu’elle est ouverte au grand public…tout contentieux à ces égards serait d’ailleurs de la compétence du juge administratif et non du juge judiciaire comme c’est le cas évoqué plus haut !

. 2ème partie à suivre –

 

Jean-Pierre RAZAFY-ANDRIAMIHAINGO, Professeur d’Aïkido 5ème dan, ancien Président de la Commission juridique de l’Union Nationale d’Aïkido et ancien Conseiller juridique de la Fédération Européenne d’Aïkido

AMOUR ET ESPERANCE

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« Jaillissement floral » – JPRA – Acrylique – Reproduction interdite.


                                                         AMOUR ET ESPERANCE

Le désespoir.

Qui ne l’a jamais éprouvé se mentirait.

En ce moment où il y a quatre ans j’ai perdu mon épouse suivi d’un long deuil éprouvant et où l’année dernière, comble de malheur je perdais aussi successivement mon frère aîné et ma soeur aînée, et où, au surplus, l’amour que j’espérais venir en secours ne répondait pas, comme si toutes ces pertes ne devaient pas suffire, j’essaie depuis lors de mener avec courage mon chemin de croix …

Et ce désespoir va-t-il me tenir longtemps ?

Eh bien non !, il me faut sortir de ses liens pour libérer mon coeur et mon âme, et aller à l’Espérance !

Comment ?

Tout d’abord, j’observe que dans ce bas monde trop empli de mauvais augures et de penchants obscurs, par ailleurs constamment animé par l’instinct possessif et à la recherche de la performance qui conséquemment secoue l’âme et bouscule les sentiments comme valeurs fondatrices propres à l’humain, l’on se réfugie bien trop volontiers dans les recettes supposément sécurisantes du repli sur soi et du matérialisme dominant.

Face à cela, quoi de plus inspirant que la relecture de notre tréfonds sentimental pour éclairer avec bonheur le concept d’Amour qui lui-même mène à l’Espérance et ne vit que par elle, certes ici fondés non point nécessairement sur la foi, en l’occurrence au cas présent chrétienne, mais qui ont vocation à s’adresser à l’humanité entière.

Or, ce qui est commun aux messagers d’Amour et d’Espérance, c’est bien plus qu’un message sentimental ; il est de transformer de l’intérieur la vie, le regard sur les autres et la perception du monde. Le Bouddhisme, haute spiritualité de l’Amour et de l’Espérance, en l’occurrence pour Lui axée sur la purification de l’âme individuelle, ne dit pas le contraire.

La quête de l’Amour et de l’Espérance n’est ainsi point un exercice de pur individualisme et de satisfaction personnelle qui consisterait à se réfugier dans un message limitativement sentimental à l’autre ; bien au contraire, il s’agit d’un exercice participant au « salut communautaire », cette union existentielle avec l’ « Autre », c’est-à-dire la mise en œuvre ciblée de l’altérité.

S’agissant maintenant plus spécifiquement du sentiment d’Amour individuel, celui qui anime en intensité l’éclat et la profondeur d’un élan du cœur vers l’être aimé, il est loin de n’être cumulativement qu’un acte de désir, de plaisir, de profonde estime, de bonté ou d’un exercice contemplatif, car il inclue la quête de l’Espérance, celle d’une parfaite union des coeurs tournée dans la même direction où se visionnent le Bien et la Félicité.

Il faut qu’il en soit ainsi si l’on ne veut pas qu’il ne dure qu’un moment ou qu’il dégénère en chagrin qui, lui, durerait toute une vie !

Une âme perdue doit ainsi être travaillée de l’intérieur pour que jaillisse le pain pour le corps et pour l’âme, comme le serait un terrain sauvage qui doit être rendu fertile. Surtout quand cette âme éprouve les affres d’un amour subit qui, hélas, est long à guérir quand il prend fin tout aussi subitement…

Car dans ce cas, l’Amour seul sans Espérance ouvre un jour la voie à la souffrance, au doute ou à l’interrogation.

contemplation 6

« Jaillissement floral II » – JPRA – Acrylique – Reproduction interdite.


Jean de La Fontaine, dans « Le lion amoureux » ne disait-il pas :

« Amour, amour, quand tu nous tiens,

On peut bien dire : Adieu prudence ! ».

Pour sa part, afin de chasser le doute, Alfred de Musset, dans « La Nuit d’août » (Poésies), déclamait :

« J’aime, et je veux pâlir ; j’aime, et je veux souffrir ;

J’aime, et pour un baiser je donne mon génie ;

J’aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie

Ruisseler une source impossible à tarir.

J’aime, et je veux chanter la joie et la paresse,

Ma folle expérience et mes soucis d’un jour,

Et je veux raconter et répéter sans cesse

Qu’après avoir juré de vivre sans maîtresse,

J’ai fait serment de vivre et de mourir d’amour. »

Et, dans d’autres poésies, il poursuit sa quête :

« Se voir le plus possible et s’aimer seulement,

Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,

Sans qu’un désir nous trompe, ou qu’un remords nous ronge.

Vivre à deux et donner son cœur à tout moment ».

Ou encore :

« Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;

Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé ».

Par ailleurs, n’est-ce pas là meilleure réponse à la dualité amour-raison qui trop souvent freine les élans du cœur ? 

Car il faut le souligner, dans leur condition personnelle, sociale ou sociétale l’homme et la femme ne sont point seulement le produit de la seule Raison.

Ils sont avant tout de chair, de sentiment et de conscience.

Certes, la Raison doit conduire à la victoire sur l’irrationalité à condition qu’elle discerne systématiquement le bien du mal et que le jugement du cœur, animé de hauts sentiments, prenne toujours le pas sur la froide considération exclusivement rationnelle.

Or, cette dernière peut, comme c’est le cas très risqué de nos jours, conduire à cette incommensurable prétention de l’Homme à devenir « Homo Deus » ou son substitut, le prétendu « Homme augmenté » !… grâce, paraît-il, à ce qui est désormais convenu d’appeler l' »intelligence artificielle ».

Or également, dès à présent ne constatons-nous pas déjà que beaucoup trop d’entre nous se comportent comme des zombies, rivés en toutes circonstances, au détriment de la sociabilité, aux I’phone, smartphone, GPS, écouteurs portables et autres instruments de la « nouvelle mobilité » ou de la « connectivité augmentée » ?…

Chimères que tout cela ! …

Fort malheureusement, dans sa propension incontrôlée à vouloir prétendre, à vouloir plus, à vouloir performer, à vouloir et exiger, l’Homme s’auto-détruit inexorablement et le malheur est qu’étant lui-même partie intégrante de l’écosystème global, mais s’y croyant en position supérieure et de domination, il le détruit à vue d’oeil sans même qu’il s’en rende compte…ou, plus grave encore, il s’en contre-fout.

Ne l’oublions jamais: dans l’histoire de l’Humanité, partout où il est passé l' »Homo Sapiens » a toujours tout détruit autour de lui dans sa quête à l’efficacité et à l’exploitation de son environnement…Alors que dire de notre actuel prétendu « Homo Deus » ?… 

Et pire: l’Amour dans tout cela, celui qui mène à l’Espérance, compte-t-il encore ?…

Pauvre Humain !

Ressaisissons-nous et revenons illico aux valeurs combinées de l’Amour et de l’Espérance ! 

                                                                      Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

contemplation 7

« Jaillissement floral III » – JPRA – Acrylique – Reproduction interdite .


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